Pendant ce temps-là, pendant ce temps de tristesse et de grisaille qui n’a rien d’un premier juillet, la vie continue même et surtout en cuisine. Ne me demandez pas pourquoi j’ai ressenti ce besoin pressant de me mettre à faire du sucré (ça m’a pris hier en faisant mes courses) alors que je crois que je suis toujours plus enclin au salé. Et au salace ? Oui, bon, parfois, je l’admets mais on n’est pas ici pour faire du déballage même si c’est un peu la coutume, désormais, sur la toile.

Je disais donc que j’ai eu envie de me mettre à faire du sucré. De détourner des recettes salées en version dessertique. Quand t’es dans le dessert depuis trop longtemps, la la la la, tu te demandes à quoi ça sert… Pardon, je me suis un peu égaré. Un souvenir de mes vingt ans, je crois… Mais ne regardons pas trop en arrière, ça va encore me filer le bourdon. Et je n’ai pas envie, aujourd’hui même si le temps est maussade, même si on pourrait se croire à la Toussaint tant tout est sombre.

Un temps de funérailles. J’espère juste qu’elles seront nationales. Mais là encore, malheureusement (ou heureusement ?) la vie continue et la routine reprend ses droits. C’est peut-être pour ça que j’ai eu envie de faire autre chose que ce dont j’ai l’habitude, en cuisine. Quelques modifications et voilà, ça fait près de deux heures que j’y suis, depuis que j’ai débauché, ce matin et tant pis si le résultat n’est pas visuellement très réussi, j’ose espérer qu’au goût, ça vaudra un peu la peine.

Je suis parti de l’idée des mini feuilletés roulés qu’on prépare pour les apéritifs et je me suis dit « tiens, je vais faire la même chose pour le dessert » car quand on est dans le dessert, depuis trop longtemps, la la la la …  Pardon (deuxième)… Et j’ai fait une série à base de pâte de pistache, de framboises émincées et de pistaches écrasées grossièrement. Et une autre à base de lemon curd (une espèce de crème-pâte au citron) sur laquelle j’ai émincé des fraises. Et autant le premier modèle s’est bien tenu que le second a beaucoup coulé. Au point d’avoir plein de caramel sur ma feuille de cuisson.

Et pendant que j’y étais, j’ai fait mes premières meringues entièrement tout seul. Enfin non, avec mon batteur électrique, quand même. Et là, je crois que je peux les sortir du four. Tout à l’heure, j’en ai goûté une, je ne suis pas trop fan mais bon, j’ai voulu savoir. Très craquante à l’extérieur mais trop molle dedans. Alors, j’ai remis au chaud et là, je pense que ça doit être OK. De toute façon, il va bien falloir. Parce que quoiqu’il en soit, la vie continue, même et surtout en cuisine.