Dernière demi-journée avant la dernière matinée de boulot et avant de prendre le train. D’ailleurs, je me demandais quelque chose, là, subitement : on prend le train ou on recule ? Oh, vous savez, moi, du moment que je suis dans le sens de la marche…

Demain matin, j’ai déjà prévenu que je devais impérativement avoir terminé avant 8h. Enfin, pour 8h. Dernier caramel. Après, c’est trop en flux tendu et ça va m’énerver. Notre train pour Narbonne, Narbonne, deux minutes d’arrêt, doit partir à environ 9h30. Le temps que je quitte le travail, que je rentre chez moi, que je prenne une douche, que je me change et que nous prenions le tram jusqu’à la gare St Jean, avec un changement aux Quinconces… il faut bien ça. Sinon, ça craint. Ça pue du boudin.

Tout ça pour aller à Narbonne. Vous vous rendez compte ? Narbonne ! J’ai déjà dû y aller, au siècle dernier, à l’époque où nous traversions la France en long et en large, avec Bernard mais je n’en ai aucun souvenir. Si on me demande ce qui me vient à l’esprit quand on me parle de Narbonne, la seule chose que je suis capable de dire en étant sûr que ce n’est pas une connerie, c’est : Charles Trenet. Je sais qu’il y est né et je suppose qu’il y est enterré. De là à aller lui rendre visite, je ne suis pas sûr. Pardonnez-moi, mais je me tâte, là.

En même temps, visiter un cimetière, ça n’a rien d’exceptionnel, ça m’est déjà arrivé. Mais là, je doute que monsieur Trenet nous reçoive en nous proposant une tasse de thé avec des biscuits. Ou alors, bien secs, les petits gâteaux. Donc, Narbonne, pour moi, comme je vous le disais, dans une liste de villes à visiter, je pense qu’elle n’aurait pas été dans les dix premières. Ni dans les cent premières. Je ne sais même pas si je l’aurais citée. C’est dire si j’y vais avec une conviction qui est loin de forcer le respect.

Alors, cet après-midi, là, tout de suite, maintenant, juste après ça, je vais aller me reposer un peu. Un peu plus tard, je préparerais quelques affaires pour le jour et demi que nous passerons là-bas, une nuit comprise et ensuite, rien. J’aviserai en temps utile.