Forcément, moi qui suis plus sensible au vin blanc et au vin rosé qu’au vin rouge, en quittant ces amis que je viens de me faire, je n’avais plus qu’une idée en tête : ouvrir une bouteille de blanc et en boire un verre ou deux, tant pis pour la chaleur excessive. Avec un peu de chance, ça m’aurait désaltéré et sans aucune chance, ça m’aurait enivré. Et j’aurais eu mal à la tête, ce soir et même demain. Alors, finalement, mieux valait que je n’en avais pas une d’avance dans le réfrigérateur.

Je n’aurais pas bu que pour me désaltérer mais aussi pour oublier. Oublier que je venais de passer un super moment avec mes nouveaux amis et comme je n’étais pas sûr de les revoir de sitôt… Oublier les absences à venir, les longues périodes d’absence qui nous attendent. Oublier l’oubli des autres. Pour ça, comme disait le poète, un bon petit canon de vin blanc… C’est toujours ça de pris. Bien fait, bien agréable. Avec un peu de caractère parce que sinon, quand c’est trop doux, c’est moins bien.

Mes nouveaux amis ? Juliette, Jean et Jérémie, les 3 J. Pas ceux des Galeries Lafayette, bien sûr que non et heureusement. Non, une fratrie avec tout ce que ça comporte d’amour et d’incompréhension. De rires et d’engueulades. J’ai été invité chez eux et j’avoue que j’ai été séduit. Je me suis senti bien avec eux. Dans leur propriété viticole de Bourgogne, là où j’ai connu mes premières amours de vin blanc. Des souvenirs de jeunesse. Des amours de vacances mais pas que. St Véran, entre autres.

J’ai aimé revoir la Bourgogne car on a beau dire mais entre le Bordelais et la Bourgogne, il y a un monde de différence. Dans cette dernière, on a une impression de rondeur que je ressens moins autour de chez moi. Depuis que j’habite ici, j’ai un peu oublié, négligé les vins de là-bas mais j’ai toujours une place pour eux au fond d’un verre, si l’occasion s’en fait sentir. Et donc, chez mes trois nouveaux amis, je me suis senti en famille. Comme si j’étais un peu chez moi. Voire beaucoup.

C’est en cela que le dernier film de Klapisch m’a enthousiasmé même si j’ai conscience que ce n’est pas le film de l’année. C’est parce qu’il m’a parlé aux creux de l’oreille et du cœur. J’ai oscillé entre rires et larmes pendant près de deux heures. Ce qui les lie, ces deux frères et cette sœur, c’est ce qui nous a liés, tous les quatre, tout à l’heure : l’amour et l’amitié, le terroir et l’union dans l’adversité. Un joli film sur la transmission. N’en déplaise aux esprits chagrins qui n’aiment rien, de toute façon.