Non, je n’y pense pas tous les matins, en me rasant car je ne me rase pas tous les jours et encore moins le matin. Au mieux, c’est après le boulot, vers midi, quand je suis rentré chez moi et quand c’est le week-end, c’est quand ça me prend. Et en plus, je me rase deux ou trois fois par semaine, pas plus. Parce que zut, je n’ai pas que ça à faire. Se raser ? On en rêve quand on est adolescent et que ça ne pousse pas assez vite car on est obsédé à l’idée de devenir un homme, un mec. Mais avec le temps, on y trouve plus de contraintes que de plaisir, à avoir du poil au menton.

Se raser ? La barbe, justement ! Et là, alors que c’est aujourd’hui dimanche, voici des roses blanches, pour toi jolie maman, j’aurais pu aussi faire un effort et ne pas ressembler à une éponge grattoir car si je dois faire la bise à quelqu’un, on risque de me le faire remarquer. J’ai une barbe de deux jours (peut-être trois, le temps passe si vite !...) et elle n’est pas au stade où c’est supportable de la toucher. De s’y frotter. Alors oui, j’aurais pu procéder à un rasage dominical, amen mais non, je n’ai pas eu le temps, ce matin. Et cet après-midi, je pense que ça faire être un peu idem. Je le crains.

Pourquoi je parle de ça ? Parce que je ne sais pas de quoi parler d’autre, là, à l’instant T. Et surtout, parce que ce matin, au marché, j’ai encore acheté un kilo de rhubarbe comme tous les dimanches depuis environ un mois. Dans le but de faire de la compote. Et en épluchant mes tiges (non, ce n’est pas sexuel !), en épluchant mes tiges de rhubarbe, je me suis justement dit que tiens, ça serait bien que je me rase. Je ne vois pas du tout quel cheminement intellectuel inconscient m’a fait penser à ça. Non vraiment, je ne vois pas. Des fois, je me trouve assez impénétrable. En plus d’être mal rasé.