Quand on se réveille, comme moi, à l’instant, d’une sieste d’un peu plus de deux heures, on est un peu comme à cheval sur deux mondes. J’ai donc une fesse dans le monde onirique de quand on dort et l’autre dans celui, bien plus ancré dans la réalité de la vraie vie, celle, courante, d’au jour le jour. J’en suis là. Hésitant à choisir dans lequel de ces deux mondes, je vais passer mes deux prochaines heures. Voire plus.

J’ai les yeux un peu humides de trop de bâillements, depuis quelques minutes. J’ai l’esprit un peu ailleurs, un peu barré, un peu brouillé. Et je suis plein de bonnes décisions du genre de ces résolutions qu’on prend chaque début d’année. Je me disais, avant de me décider de me lever, de sortir de ce canapé dans lequel j’étais pourtant si bien... dans lequel il ne m’en faudrait pas beaucoup pour que j’y retourne…

Je me disais que j’allais donc me mettre debout et montrer de quoi j’étais capable quand je voulais bien donner un bon coup de collier. Que j’allais préparer le repas de ce soir, la salade du déjeuner de demain midi, écrire mon billet quotidien pour le publier dans mon blog, faire mes comptes et jeter un œil sur cet hôtel à San Feliu quelque chose, là-bas, en Espagne, sur la Costa Brava, à environ 60km de Barcelone… on ne sait jamais…

Mais les deux premières choses que j’ai finalement faites, à peine les deux pieds sur le sol et la tête à près d’un mètre soixante-dix d’eux, c’est de débuter une série de bâillements dignes du Grand livre des Records et je suis allé faire pipi. Tranquillement assis sur la cuvette des toilettes. Histoire d’être bien calé sans risque de chute intempestive. Parce que, en plus, je ne voulais pas allumer la lumière et bon, il fallait bien ça, non ?

Bon alors, maintenant que je suis là, puisque je n’ai pas les deux fesses dans le même panier, que j’ai la vessie libérééééée, délivrééééée et que mes lunettes sont dans le bon sens, est-ce que je vais enfin être capable de prendre une bonne décision sur la suite des événements de l’après-midi ? Attendez, je me concerte une dernière fois et je suis enfin en mesure de vous dire ou : je vais aller regarder un feuilleton en replay à la télévision.