À la seule différence qu’aujourd’hui, malgré le ciel bas et malgré les pluies, il y a une espèce de clarté, de luminosité qui n’aurait pas lieu d’être si nous étions en novembre. C’est donc la preuve que nous sommes encore au mois de mai même si ça n’est pas pour très longtemps. On va donc pouvoir déclarer un non-lieu. Une non-intention de me nuire. Une non-préméditation. Même si les choses sont écrites depuis plus de deux semaines. Au contraire, je pense que toute cette pluie, c’est normal. Toute cette humidité, toute cette eau, c’est pour mieux me faire avaler la pilule.

Amusante coïncidence avec le billet d’hier où je parlais de la pilule du lendemain. Je vous jure que je ne l’ai pas fait exprès. Vous pouvez me croire. Tout comme vous pouvez être sûrs que je déteste cette journée. Je n’aime pas les jours qui sont veilles de quelque chose que je n’ai pas forcément hâte ni envie de vivre. Ce qui mon cas, là. Car demain, à l’heure où ne blanchira pas encore la campagne, en pleine nuit, je prendrai la route pour retourner travailler. Après quinze jours sans. Un avant-goût de la retraite. Comme une dégustation. Avec une promesse bien lointaine, encore.

Du coup, ce lundi, j’ai fait comme d’habitude, comme si de rien n’était mais au fond de moi, je le sais bien, va, que ce n’est pas un jour ordinaire. J’ai fait mes courses, je vais me mettre en cuisine pour ce soir, pour demain midi, pour une compote de rhubarbe-pomme qui fera bien la semaine. Et je vais me préparer mentalement à ce réveil qui ne présage rien de bon car il n’est pas naturel. À l’heure de l’explosion du bio, moi, je me vais me lever de façon artificielle. Pas facile, tout ça. Alors, je comprends pourquoi il pleut. Mais je  comprends pourquoi il fait si lourd. C’est un fardeau…