Mercredi dernier, je rentrais du centre-ville en voiture et j’étais rue des Frères Bonie, le long de l’ancien Fort du Hâ, à côté du nouveau Palais de Justice et comme bien souvent, des cyclistes roulaient sur la chaussée au lieu d’être tout normalement sur la piste qui leur est réservée. Alors, j’ai essayé d’être patient mais non, je n’ai pas réussi longtemps et au bout d’un peu plus de dix secondes, fatigué de rouler à 12 à l’heure au risque de caler, j’ai donné plusieurs coups de klaxon. En vain. Non pas vingt coups mais des coups en vain.

Ça n’a servi à rien. Enfin si. À moitié. Dans les deux personnes à vélo, celui qui, de dos, ressemblait à un homme (il portait un costume noir) s’est un peu écarte mais l’autre qui, de dos, avait tout l’air d’une femme d’environ quarante à soixante ans, non. Elle est restée bien plantée en plein milieu de la chaussée. À ma droite, des places de stationnements toutes occupées. À ma gauche, la voie du tram avec un petit trottoir que je n’avais pas envie de franchir. Alors, à un moment, quand j’ai pu, j’ai dépassé en klaxonnant longuement jusqu’au feu suivant.

Là, l’homme en noir m’a rejoint, s’est arrêté à mon niveau, côté conducteur. Il m’a regardé. Un premier de la classe, ce qui en soit n’est pas grave, mais avec cet air de fayot voir de cafteur. Je baisse la vitre et je lui ai dit clairement : « Non seulement vous n’avez pas pris la piste cyclable mais en plus, elle ne roulait pas sur sa droite ! » Et lui, d’un air condescendant qui m’a fortement déplu : « Peut-être, mais c’est une députée. » Je vous jure que les bras m’en sont tombés. Je croyais que les politiciens avaient compris plein de messages lors de l’élection présidentielle ?