Avertissement : ce billet a été écrit le 17 mai pour publication le 20 mai et merci d’éloigner les enfants, certaines scènes peuvent choquer les personnes sensibles (elles seront précédées d’un astérisque.)

Vendredi, après-demain de mon point de vue (celui qui écrit ce billet) mais hier, du point de vue des lecteurs, je suis allé chercher mes parents pour qu’on parte ensemble à Nantes car maman, du haut de ses quatre-vingt-un ans devait participer à une * compétition de body-building … euh non, je me suis trompé, à un championnat de natation. Et, contrairement à ce que j’aurais pu croire, le voyage de Montaigu à Nantes, la digue, la digue…, ça n’a pas été de tout repos.

Je ne sais quelle mouche avait piqué mes parents mais ils ont été insupportables. Déjà, pour ne pas * faire de jaloux, j’avais décidé de les faire monter tous les deux à l’arrière car * ils ont déjà commencé à se chamailler pendant le repas pour savoir qui monterait devant avec moi. « Papa, tu finis ta viande rouge sinon, tu montes derrière ! » « Et toi, maman, tu manges tes carottes et tes petits pois sinon, tu ne monteras pas devant ! »

Comme on a eu affaire à * une bataille de petits suisses, j’ai * tranché dans le vif du sujet : « Puisque c’est comme ça, vous monterez tous les deux derrière et le président, même s’il n’aime pas ça, il viendra devant avec moi ! » et ça, je sais que finalement, ça l’a quand même soulagé car j’ai bien compris qu’il n’en pouvait déjà plus beaucoup, lui aussi. Lui, non plus. Enfin, vous me comprenez, non ?

À peine partis de chez eux, dans les Deux-Sèvres, que j’ai été obligé de m’énerver : « Vous me rendez chèvre, tous les deux ! Qu’est-ce qui se passe, encore ? » « Il y a ton père qui a débouclé ma ceinture de sécurité et ça le fait rire… » « Cafteuse ! Ta mère est une cafteuse ! » Et bien sûr, il y a eu des * tirages de langue, des * haussements d’épaules et des * grimaces vraiment très vilaines.

Bon, le président va vous donner un livre à chacun et je ne veux plus vous entendre. Autant vous dire que ça n’a pas duré plus de cinq minutes car très rapidement, les * cris ont recommencé, derrière et je ne sais pas si vous avez déjà entendu deux octogénaires se houspiller mais je peux vous dire qu’à côté, deux enfants de cinq et six ans, c’est de la roupie de sansonnet ! « Qui a dit * roupette de sansonnet ? En même temps, je t’ai reconnu, papa ! »

Je disais donc qu’ils se querellaient de nouveau et on a dû s’arrêter sur la première * aire de repos pour comprendre ce qui s’était passé : « Je veux pas lire Notre temps, je veux lire Pleine Vie ! » « Stéphane t’a donné Notre temps, tu lis Notre temps, moi, il m’a donné Pleine Vie, je lis Pleine vie, quand j’aurai fini, je te le donnerai. » J’ai repris les deux revues et je leur ai proposé de regarder un film sur le lecteur DVD.

Évidemment, mon père préférait voir un film d’action et ma mère, une comédie romantique. Alors, on a renoncé jusqu’au moment où l’un des deux * a pincé l’autre au bras et là, j’ai * hurlé : « Stop ! Stop ! Stop ! Si vous n’arrêtez pas, on retourne à Saint-Maixent et tant pis pour le week-end à Nantes ! Ou alors, je vous abandonne sur une aire d’autoroute et après, ça sera soit le * grand méchant loup, soit un * ogre, soit * Christine Boutin qui va venir s’occuper de vous.

Je pense que c’est ce dernier argument qui les a définitivement calmés. Ma mère s’est endormie. Elle a dû se mettre à rêver de médailles pour des 50 mètres de crawl ou des 400 mètres de brasse. Mon père comptait les voitures Citroën vert bouteille que nous croisions et j’ai pu conduire tranquillement jusqu’à Nantes. Mais franchement, si j’avais su, j’aurais sorti l’argument * Boutin bien plus tôt.