Garder son calme.

Être zen. Se concentrer pour n’être plus qu’un jardin japonais, au fond de soi. Respirer au rythme des libellules qui virevoltent à la fois vite et au ralenti. Laisser les grenouilles dans leur bénitier et les taons se faire emporter par le vent. Être zen. Se dire que plus rien ne compte que sa propre foi. Que son cœur. Et que sa motivation.

Rester serein.

Être zen. Mettre le doigt sur la tranquillité comme si c’était un point G mais oublier les poings avec un g final. Se dire que l’ironie est la meilleure des armes contre la bêtise et tous les obscurantismes. Quoi qu’il arrive, rester zen. Ne pas se départir de son contrôle de soi-même tout en étant soi-même, le plus naturellement possible.

Garder le museau placide.

Être zen. Jusqu’au bout des doigts. Même de celui qui servira à montrer les choses. Les incohérences. Les mensonges. Ne pas répondre aux agressions. Hausser les épaules intérieurement et poursuivre sa route dignement. Être zen. Penser aux jours meilleurs. Aux lendemains qui peuvent encore chanter. Parce que dimanche, c’est déjà demain.

Avoir du sang-froid.   

Rester immobile. Attendre le meilleur moment pour la contredire. Et alors, l’attaquer sur ses contre-vérités. Être comme un silure dans le Tarn, attendre qu’un pigeon vienne se désaltérer… Être comme un crocodile, nager de façon stagnante jusqu’à sa proie. Rester zen. Lui faire croire qu’on n’aura pas la force. Qu’on ne saura pas réagir.

Être imperturbable. Impassible.

Et au moment opportun, ne plus lui laisser le temps de réagir. Lui sauter dessus. Lui arracher ses vêtements pour la montrer telle qu’elle est en vrai. Lui démonter la tête pour démontrer ce qu’elle a dedans. Lui arracher les bras pour qu’elle ne puisse plus faire le signe de la victoire. La tondre, oui, la tondre. Et l’agonir de tous les outrages. Mais rester zen.

Maîtriser ses émotions.