Bon, même si j’ai comme une intuition qui me dit que les poèmes de Jacques Prévert n’ont pas fait l’unanimité, je me dis que j’ai fait comme mon cœur et mon esprit me disaient de faire. Parce que quand quelqu’un a autant compté dans sa vie, on ne peut pas le passer sous silence comme ça, l’air de rien. Et encore moins comme si de rien n’était.

Alors, juste pour changer de héros (ou d’héroïne, oui, parce que je consomme aussi de l’héroïne, de temps en temps : Emma Bovary, par exemple, qui s’est suicidée le 23 mars 1846, 4 jours après la Mi-Carême… Tiens, il faudrait que je pense à lui rendre hommage, l’année prochaine, je vais l’enregistrer dans l’agenda de mon téléphone…)

De toute façon, nous sommes le 12 avril, il me reste juste à savoir de qui j’aimerais commémorer la date anniversaire de sa disparition. Hein ? De qui ? Je vous le demande, justement. Et j’attends vos suggestions… Qui a une idée ? Oui, au fond de la salle vide, là-bas ? Vous auriez pu vous mettre devant, vous êtes si peu nombreux…

« Rendre hommage à Jean Boiteux ? » Heu, à moins que je ne demande un peu d’aide à ma mère, je ne sais pas trop quoi dire sur cet homme-là, grand nageur, certes, probablement champion olympique mais à part ça ? Peut-être était-il la preuve vivante qu’on peut avoir un gros handicap et réussir dans un sport quand même.

Joséphine Baker ? Oui, vous avez raison, quand on y pense, c’était une des premières vedettes de couleur en France. Ce qui n’a pas dû être toujours facile, pour la télévision, qui elle, n’était qu’en noir et blanc. En tout cas, hormis J’ai deux amours et la Tonkinoise, je ne connais pas bien son répertoire. Je suis au courant pour les bananes, c’est à peu près tout.

Non, je crois que celui que je maîtrise le plus parmi celles et ceux qui sont morts un 12 avril, c’est Jacques-Bénigne Bossuet. Celui qui a écrit (entre autres) les Oraisons Funèbres. Évidemment, on est très loin de Fernand Raynaud ou de Raymond Devos mais eux, ils ne sont pas morts un 12 avril, je ne vois pas pourquoi je parlerais d’eux spécialement aujourd’hui.

Bossuet a été un des plus grands orateurs français de tous les temps, juste derrière Jean-Luc Mélenchon qui lui, bat tous les records. C’était avant tout un homme d’église, évêque de Meaux (donc, un meldois… si, si, je vous jure, c’est drôle, non ?) mais également de Condom (vous ne trouvez toujours pas ça drôle ?)

Bossuet s’est rapidement spécialisé dans les sermons et les panégyriques de saints (il ne savait d’ailleurs pas toujours auquel se vouer…) et la plupart de ses discours ont été improvisés et le plus célèbre de ses sermons, c’est celui du Jeu de Paume quand personne ne pouvait en expliquer les règles. Heureusement, Jacques-Bénigne était là, ce jour-là.

Pour ce qui est de ses douze Oraisons Funèbres (qui l’ont rendu très, très célèbre), on est loin des nécrologies de journaux télévisés, non, Bossuet, a composé celles d’Henriette de France, d’Henriette d’Angleterre mais aussi d’Henriette du Mans, moins connue mais tout aussi savoureuse. Alors, qui a dit que Bossuet n’était vraiment pas drôle ?