En anglais, born to lose, ça signifie « né pour perdre » et hier, j’ai eu cette chanson en tête. Parce que j’étais à Toulouse et je me suis dit que je n’étais pas né à Toulouse, I was not born in Toulouse et pas non plus né pour perdre, not born to lose, du moins, je crois.

Un aller et retour dans la journée à Toulouse avec juste une halte à Agen, ce n’était pas une première pour moi. Je l’ai déjà fait une bonne dizaine de fois pour le patron, depuis trois ou quatre ans. Parce que dans ces cas-là, je suis convié à l’accompagner pour lui éviter de faire la route tout seul, je suis donc un peu son chauffeur personnel, son secrétaire (parce qu’il me demande mon avis sur deux ou trois de ses affaires en cours), son confident (parce qu’il me dit des choses secrètes dont je ne peux pas parler ici) et d’invité parce que nous déjeunons toujours dans la même superbe brasserie Bibent, place du Capitole et je me contente de choisir et de déguster c’est tout.

Bon d’accord, ses réunions quand il se déplace sur Toulouse, comme ce n’est pas au centre-ville mais en périphérie et comme je ne sais jamais à l’avance combien de temps elles vont durer (entre une et trois heures mais pas forcément deux heures), je dois l’attendre et j’ai choisi de rester dans la zone commerciale de Balma-Gramont et là, livré à moi-même, je m’autorise des plaisirs (un peu interdits ?) : je déambule dans l’immense galerie marchande, je traverse tout l’hypermarché Auchan, j’achète de quoi faire un quatre heures pour le retour et peux même faire quelques kilomètres pour aller chez Truffaut, comme hier, afin de voir les plantes que je pourrais mettre sur la terrasse pour remplacer mes défuntes tulipes.

Hier, c’était sympa, il a fait très, très beau et au volant de la petite Mercedes SL 350, nous avons consommé du kilomètre sans vraiment nous en rendre compte. Nous avons fait une halte sur l’aire des Dunes, près d’Agen afin d’y manger les pastels de nata que j’avais achetés. C’était très joli, très de saison (printanier, je précise, on ne sait jamais), avec, en retrait, des zones bucoliques pleines d’arbres aux feuilles naissantes et pleines d’herbes envahies de fleurs sauvages telles que les pâquerettes (blanches), les pâqueroses (roses), les pissenlits (jaunes), des toutes petites fleurs bleues qui n’étaient pas du myosotis mais pas loin) et d’autres fleurs un peu comme les clochettes mais pourpres. J’ai aimé.

J’ai tellement aimé ce quart d’heure de détente, là, au soleil d’avril, sans entendre les voitures sur l’autoroute que je me suis dit que ça valait bien le déplacement. Et que j’avais de la chance. Certains sont nés pour perdre, moi, j’ai passé une partie de ma journée à Toulouse. À peu près.