C’est mon dernier après-midi avant la reprise du boulot, la nuit prochaine. Mes dernières heures de liberté avant l’emprisonnement dans mon travail jusqu’aux prochaines vacances, ma prochaine permission et après, je sais que rien n’aura lieu avant septembre, dans le meilleur des cas et encore après, les mois en « bre », ça sera la fin d’une année avant une nouvelle et moi, avec encore un peu moins de temps avant d’atteindre cette inaccessible étoile (à vue de nez) qu’est ma retraite, pour l’instant.

Je sais que parler sans arrêt de ma retraite alors qu’elle n’aura pas lieu avant au moins quatre ans et demi, ça fait un peu celui qui ne veut plus travailler mais qu’on ne s’y méprenne pas, ce n’est pas que je n’ai plus envie de bosser, c’est que j’en ai plus qu’assez de le faire dans des conditions déplorables et qui n’iront plus jamais en s’arrangeant. Je suis d’un autre temps, d’une autre époque et pourquoi pas d’une autre galaxie, celle où la notion de travail a encore un sens et où on respecte les valeurs, toutes, quelles qu’elles soient.

Je n’ai pas le choix, de toute façon. Inutile de tenter de vouloir faire croire que j’ai cinq ans de plus que la réalité, ça ne marchera jamais. Et si on découvre la vérité, moi, je ne suis pas un homme politique, si je me fais gauler, je sais que je le paierai cher. Je n’ai droit à aucune immunité, moi. À aucune indemnité non plus. Juste le droit d’assister à tout ce que je vois, dans ma vie professionnelle et dans la vie publique de nos élus. Pauvre France, cher pays de mon enfance… Où es-tu passé, mon Saint-Germain des Prés ?