J’ai déjà programmé mes (petits et courts) billets du 20 au 24 mars mais ça fait aussi deux jours que j’en écris d’avance mais dans lesquels je fais comme si on était la veille alors qu’on est le lendemain sauf quand c’est le jour-même, ce qui est un peu le cas aujourd’hui mais un peu de différé, ça ne fait de tort à personne. Surtout quand on voit tout ce qui se passe de bien plus grave autour de nous.  Aujourd’hui, tout du moins, hier, mais ça, vous ne le saurez que demain, aujourd’hui, donc, je suis allé en ville par le bus et je suis rentré par le tram.

Drôle d’expédition mais ça n’avait rien de celle d’un explorateur que je ne suis pas, loin s’en faut. D’abord, pourquoi ai-je voulu prendre le bus dans ce sens-là pour la première fois depuis que j’ai emménagé dans ce quartier un peu excentré ? Parce que j’avais un colis à récupérer à la Poste et qu’il y a un arrêt juste devant. Alors, je me suis dit que tant qu’à faire, soyons fou et laissons-nous griser par des nouvelles aventures. Bon, une fois arrivé au Palais de Justice, je suis descendu et je me suis dit que ça ne m’avait pas procuré d’émotions particulières.

Ensuite, j’ai fait ce que j’avais à faire, ceci, cela, de-ci, de-là, cahin-caha, va trottine, va Stéphaaane, de-ci, de-là, cahin-caha, le picotin te récompenseraaa… Oui, des promesses (électorales) toujours des promesses car personne ne m’a gratifié d’aucune rétribution même en nature ce qui a profondément marri mon besoin de satisfecit mais tant pis, je saurai m’en souvenir. Et au retour, au lieu de revenir par le presque même chemin, j’ai choisi de prendre le tram car c’est plus facile de lire dans celui-ci que dans un bus. Tout de même ! Si je vous le dis…

Et la suite des événements m’a donné raison pour mon choix du tram car j’y ai passé un moment assez incroyable. Comme on a pu en connaître il y a dix, vingt voire trente ans. Pas forcément dans celui de Bordeaux puisqu’il n’a que quatorze ans mais comme dans les trains (même de banlieue) qu’on a fréquentés pour ceux qui en étaient usagers. Le bon vieux temps, m’sieurs-dames. Le bon vieux temps de quand les gens respectaient les valeurs et les jeunes, les anciens. Et justement, aujourd’hui, pendant un quart d’heure, c’était le bon temps retrouvé.

Pourquoi ? Parce que dans les quatre places juste derrière la cabine du wattman, nous étions quatre personnes assises et trois d’entre elles (dont moi) lisaient un livre et la quatrième regardait le paysage. Un peu surpris de n’entendre personne parler fort au téléphone pour raconter sa vie insipide, je me suis retourné et je n’ai vu aucun objet connecté à au moins cinq mètres. Je n’en suis pas revenu quand je suis revenu chez moi. Je pense que ce n’était qu’une parenthèse un peu enchantée mais qu’est-ce que j’ai apprécié.