Peut-être parce que, enfin, cet après-midi, enfin, je n’ai plus mal à la tête. La première fois depuis mardi dernier. J’ai passé ma semaine à osciller entre migraines et maux de crâne. Parce que je suis un crâneur, oui, probablement mais je m’en serais bien passé, vous savez. J’aurais préféré avoir une vie normale, une vie même ordinaire pour ne pas dire banale. J’aurais préféré qu’il ne se passe rien plutôt que ces hauts et plutôt que ces bas qui m’ont fait hésiter entre mal être et bien être pour finalement tomber du mauvais côté de la force obscure.

Peut-être parce que mes tulipes sont sorties de leur coquille et que depuis deux ou trois jours, c’est un véritable bonheur que les voir s’éveiller à la vie en couleurs après ces jours, ces semaines, ces éternités aux teintes sépia et à ces longues heures en noir et blanc. Sous les vents parfois contraires. Sous des averses diluviennes. Sous des frimas glaciaires. Pour un peu, il ne manquait plus qu’un empereur sur la terrasse pour qu’on s’y croie. En marche, aurait-il dit et je l’aurais sans doute suivi. Sans trop hésiter. Parce que les envies d’ailleurs, quand ça vous prend…

Peut-être parce que là, aujourd’hui, vingt degrés, même si le ciel n’est pas aussi immaculément bleu que celui d’hier, peut-être que là, on a vraiment l’impression qu’on a fait un pas de plus vers les beaux jours. Peut-être pas encore vers les lendemains qui chantent, non, il ne faut pas non plus prendre les enfants du bon Dieu pour des Sainte-Nitouche mais vers les beaux jours. Vers ceux qui vont faire qu’on prendra de nouveau nos repas dehors. Qu’on va quitter l’intérieur pour l’extérieur. Oui, c’est sûr, ce n’est pas encore la date mais ça ressemble déjà au printemps.