Je revendique le droit de se tromper quand on choisit un film à voir au cinéma. C’est exactement ce qui m’est arrivé, ce matin. Parce que, en ce dimanche, oui, j’ai choisi d’y aller à la première séance, avant le déjeuner. J’avais laissé mes consignes au président pour allumer le four à 12h30, y glisser dix minutes plus tard le plat que j’avais préparé, afin de nous permettre de prendre notre repas à une heure encore correcte. Et compte tenu que j’allais d’abord à mon marché de la place Pey Berland, ça me faisait toute une matinée en ville. Programme plutôt plaisant en perspective. Parce que je pense que je le méritais, si, si (l’impératrice ?)

En temps normal, au stand des primeurs du Lot-et-Garonne, il y a toujours des clients qui sont déjà là avant même que Patricia et Rémi aient terminé d’installer leurs étals et leur marchandise et il n’est pas rare qu’on commence déjà à faire la queue en attendant que tout soit prêt. Là, il n’y avait personne, j’y suis allé directement. Premier client, premier servi ? Peut-être. Je ne sais pas si on a pu s’occuper de quelqu’un d’autre avant que je n’arrive. En tout cas, en moins de dix minutes, j’avais tout ce que je voulais acheter : poireaux, chou-fleur, choux de Bruxelles, pommes, oranges sanguines, kiwis, carottes et poires.

Ensuite, je suis allé déposer les carottes et la commande de pharmacie commandée par le patron et que j’étais allé chercher hier d’un coup de vélo. J’ai mis tout ça dans la cabane des chiens et je suis allé acheter une baguette et un dessert. Après tout, c’est dimanche pour tout le monde, non ? Et après, j’ai voulu aller faire l’ouverture de la Fnac pour baguenauder un peu dans le rayon littérature mais je m’y suis cassé le nez. Je croyais que ça ouvrait à 10h mais non, le septième jour, c’est à 11h et comme j’avais ma séance à 10h45, il ne me restait plus qu’à trouver de quoi m’occuper pendant les trois quarts d’heure qui me restaient.

Croyez-vous que j’aurais pensé à aller rendre une carte qui ne m’appartenait pas à un hôtel qui se trouve aux Chartons, d’un coup de tram ou de voiture ? À tout casser, ça m’aurait pris vingt minutes mais non, j’ai complètement oublié (parce que pas très concerné, à vrai dire) et j’ai fureté chez un marchand de journaux-tabac et bon, il n’y avait pas de quoi y passer une demi-heure non plus. Alors, je suis allé devant le cinéma, dès 10h25. J’étais le premier devant la porte. Je pensais la trouver ouverte mais non, je m’y suis cassé le nez. Et j’ai attendu dix minutes. Le temps, entre autres, que d’autres spectateurs arrivent également.

Quand les employés nous ont permis d’entrer, une dame retraitée m’est passée sous le nez, les vieux ne sont décidément plus ce qu’ils étaient, hein. En tout cas, si je n’étais pas le premier à pénétrer dans le hall, ni le premier à aller aux toilettes (d’où venait-il, celui-là, qui est entré après moi mais qui a eu le temps de faire pipi avant moi ?), j’étais le number one dans la salle 1. J’étais le premier et le seul pendant un moment. Tellement seul que j’ai même cru que je le resterai pour la séance mais non, un peu de public est arrivé. J’ai subi les publicités et les bandes-annonces et ensuite, au bout de vingt minutes sans aimer le film, je suis sorti. Le premier. Enfin.