Je me lève mais je n’ai bousculé personne. J’ai fait la sieste sur le canapé, depuis le temps que j’en rêvais, enfin une après-midi à moi, pas de sport, pas de courses en ville, pas de rendez-vous (ni médical, ni amoureux, ni d’affaires…) et donc, j’ai pu me laisser aller à me laisser aller. Cette répétition est volontaire, oui, j’en ai conscience (je dis ça pour les puristes de la langue française et de l’écriture) et là, il un peu plus de 16 heures et comme pour le matin, quand je viens de sortir du lit, je me lève et je suis un peu vaseux. Je pédale dans la semoule. Mais je vais me reprendre. Une bonne douche, tout à l’heure et ça ira.

Je me lève mais je n’ai bousculé personne. De toute façon, ça serait impossible de faire la sieste à deux sur le canapé, forcément, l’un des deux tomberait très vite et alors, il serait bousculé et l’autre serait obligé de se lever et il dirait : je me lève et je te bouscule, tu ne te réveilles pas, comment veux-tu, comment veux-tu ? Oui, enfin, ça, c’est dans l’hypothèse d’un couple où on s’engueule systématiquement avant de faire l’amour. Ce qui n’est pas le propos du jour. Non, le propos du jour, c’est : ah mon Dieu, qu’ai-je fait de ces deux heures qui viennent de passer sans que je ne m’en rende compte. Mais j’en avais besoin, ça, c’est sûr.

Je me lève et je me suis bousculé pour ne pas rester un peu plus longtemps dans cette position qui m’allait si bien au teint : l’horizontale. Pour préserver mon capital jeunesse. Non, pour ça, c’est bel et bien foutu. Définitivement. Pour récupérer un peu de ces heures de sommeil perdues. Non, parce que le temps perdu ne se rattrape guère et tout ce temps perdu ne se rattrape plus. Aujourd’hui, je pourrais faire concurrence à Marcel Proust en tentant d’écrire « à la recherche du temps perdu, celui de mes nuits, de mon repos disparus. Comme Albertine. Mais encore une fois, là n’est pas le propos du jour. Là, il faut que je me bouscule, maintenant. Justement. Et que j'avance dans ma journée.