Ce matin, en faisant du tapis en mode marche rapide, à la salle de sports, j’étais face à un écran de télévision branché sur une chaîne d’information. Et, mes écouteurs sur les oreilles, je regardais ce qui me passait sous les yeux. À un moment, il a été question d’un site Internet, une start-up, basée en Angleterre (à Londres, je crois) dont le but est de proposer « un service sur mesure et unique d’aide à la rédaction de devoirs dans toutes les matières, destiné aux étudiants francophones du collège au Master (en gros, pour les jeunes de 10 à 30 ans, quoi, non ?)

Les prix vont de 7€ à 18.40€ hors taxes mais attention, ce prix n’est valable que pour une page. Si le devoir que vous souhaitez commander en comporte plusieurs, il faudra donc multiplier ce prix par autant. Et si vous ne savez pas faire cette opération, moi, je pense que je vais créer un site pour permettre aux jeunes scolarisés de trouver les bonnes réponses à leurs tables de multiplication. Mais moi, je ne serai pas aussi cher car j’ai conscience qu’il me faudra être bien placé sur le marché très compétitif d’aide à la fainéantise et à la fumisterie.

Au vu de tout ça, on est en droit de se demander quelle est la véritable pertinence de ce site et quelle aide il peut réellement apporter à ceux qui ont des devoirs à faire. Il paraît que si on commande un devoir sur bonnenote.fr, il existe une annonce indiquant qu’en aucun cas, le devoir rendu ne peut être remis tel quel à un professeur, qu’il faut le réécrire à chaque jeune qui en achète un. Ouais, et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle. Comme si les jeunes qui vont utiliser ce service vont jouer le jeu de l’honnêteté.

Quand même, je m’interroge. Où va-t-on si même pour ça, les jeunes préfèrent payer plutôt que travailler. Et avec quel argent ? Moi, si je repense à mon adolescence, même si j’ai eu parfois du mal à m’y mettre, j’ai toujours fait mes devoirs. Et autant vous dire que je n’aurais même pas pu avoir le dixième du prix à dépenser pour que quelqu’un le fasse pour moi. Il y a vraiment un fossé abyssal entre ma génération (et les précédentes) et celle d’aujourd’hui. Déjà qu’avec Wikipédia c’était facile de pomper tout ce qu’il fallait pour une dissertation ou un exposé.

Ma foi, si c’est ça qui va construire les jeunes qui sont prêts à payer pour ne pas avoir à se pencher sur leurs devoirs, pourquoi pas mais j’avoue avoir du mal. Cela dit, si quelqu’un était capable de créer un site qui s’appellerait lebilletdujour.fr afin de m’aider, parfois, à trouver une idée pour écrire mon billet quotidien, je pourrais peut-être, je dis bien peut-être, revoir ma position. À la condition que ça soit moi qui crée le site. Mais alors, ça m’obligerait à écrire tous les jours quand même ? Je ne vois pas très bien ce que je vais y gagner. Tout compte fait.