Alors donc, je suis sorti hier soir. Pour aller assister à la représentation d’un opéra que je ne connaissais pas du tout, de Leonard Bernstein, Candide, d’après Voltaire (l’écrivain philosophe, pas les fauteuils) et, ma foi, je n’avais pas révisé ma leçon avant d’y aller car je comptais sur une bonne fortune pour que ça m’accroche malgré ma mauvaise journée et ma migraine finissante. Après coup, aurait-ce été utile que je lise un résumé de l’œuvre ? Peut-être car je n’en ai pas envie aujourd’hui. Pas envie ou plus envie ? Plus envie. Je n’ai pas beaucoup de points communs avec Candide, moi.

Quelqu’un de candide est quelqu’un qui manifeste une grande ingénuité pouvant aller jusqu’à la crédulité. Et dans le roman de Voltaire, c’est celui qui est innocent car il ne connaît pas le mal et c’est aussi un naïf qui n’a pas encore fait l’expérience du monde, quelqu’un rempli d’illusions. L’auteur nous fait partager les épreuves fictives de ce jeune homme simple, confronté aux sirènes de l’optimisme à tout prix qu’on lui a enseigné. Hier soir, en tout cas, ce dernier point a été très appuyé car le personnage principal de la pièce était globalement très benêt. Pour ne pas dire simplet.

Passé l’agréable des dix premières minutes de découverte d’un décor complexe, d’interprètes diversement habillés et de la musique de Bernstein, on est vite tombé dans une espèce de routine : une mise en scène insistant sur les mêmes ressorts outranciers du début à la fin, du surjeu des acteurs et des dissonances de la musique. Avec, ce qui a été le pire de tout, environ 75% de récitatifs en anglais. J’ai essayé de suivre sans lire les sous-titres en haut de la scène mais je n’y suis pas arrivé. J’ai dû me tordre le cou pour suivre les aventures de tous ces personnages qui ne m’ont rapidement plus du tout intéressé.

C’était interminable. Quand je pense que je comptais sur cette soirée pour m’ouvrir à cette œuvre quasi incontournable de la littérature française, finalement, ça m’en a ôté l’envie pour un moment. Je fais comme une espèce de rejet tant ça m’a agacé. Et ne parlons pas de la partie chantée où les voix n’étaient pas toujours à la hauteur. Bref, une soirée pas vraiment réussie pour ne pas dire totalement ratée. Surtout que les déconvenues n’ont pas eu lieu seulement sur le spectacle mais aussi sur ce qui ne nous attendait pas après.

Impossible de réserver un restaurant dans le périmètre du Grand Théâtre qui serve encore après 22h30. Même celui qui fait partie du même bâtiment n’est pas capable d’accorder les horaires de la cuisine avec ceux des fins de représentations. Et partout où j’ai tenté de pouvoir réserver une table pour deux, je n’ai eu que des fins de non-recevoir. Alors, le patron et moi, on est rentré chez soi chacun de son côté. Le ventre vide. Et la tête farcie. Quand je vous dis que ce n’était pas la soirée du siècle. Il y a des soirs, on ferait mieux de rester sous la couette. Voire d’écouter le débat du second tour de la primaire socialiste.