Nous sommes brutalement passés de plusieurs jours de grand soleil à une journée terne, grise et molle. Lourde de non-sens. Avec une sensation qu’elle n’est pas imperméable à cette espèce d’humidité qui a l’air de ne pas vouloir s’évaporer. Et moi, moi, dans tout ça, je me traîne lamentablement du canapé à l’ordinateur. Je n’ai aucune inspiration car je n’ai envie de parler de rien. De rien de spécial. Parce que c’est un de ces moments sans.  Un de ces sales moments à passer.

Ça ne donne envie de rien. Comme si était venu le temps d’hiberner pour quelques heures histoire de revenir une autre fois, avec d’autres ambitions. D’ici là, il va me falloir occuper ce temps d’inertie qui vient de me kidnapper. J’ai été enlevé ce matin par ce que je connais bien, ce mal de tête qui arriver sournoisement derrière moi et qui ne me lâchera plus jusqu’à ce que la vraie migraine aura fait son travail de sape. Alors, je fais ce que je peux pour ne pas sombrer dans cette spirale négative.

La télévision me tient compagnie. J’avais enregistré des émissions, je viens d’en regarder une. Mais j’avais froid sur ce canapé qui n’est pas toujours ce si fidèle ami que je peux croire. Et je me dis qu’il me reste quatre heures pour refaire une santé. Pour une faire une beauté. Pour faire bonne figure. Parce que ce soir, je n’aurai pas le choix. Il me faudra bien braver le froid, la nuit et mon envie de rester chez moi pour me rendre au Grand Théâtre de Bordeaux. À vingt heures. Précises.

Parce que les billets, quand on est abonné, comme moi, on les prend des mois à l’avance et justement, c’est là que le bât blesse car quand on réserve, en général, porté par l’enthousiasme de certains programmes, on y va, on le sent bien et on a la tête pleine de promesses. Sauf qu’entre-temps, l’automne passe et l’hiver s’installe. Et il fait froid. Et on est fatigué. Et pour un peu, on regretterait d’avoir pris les places. Ou on aimerait les céder pour ne pas devoir y aller.

Tant pis, j’irai. Je vais assumer mes choix. Je vais aller assister à cet opéra que je ne connais pas. Je compte sur Bernstein pour me faire sortir de cette léthargie qui m’habite. Et je me dirai qu’on est à J moins 2 de la livraison des transats. Deux fauteuils (qui ne sont pas du style Voltaire) pour se relaxer dehors quand il fera beau. Mais chut, ils ne sont pas au courant. Et là, je vais retourner dans la position qui me va le mieux, aujourd’hui, celle où je suis à l’horizontale. Et je ferai mon candide.