Vous avez été très, très, très nombreux à me demander pourquoi une lettre de rupture à cause de la victoire de Benoît Hamon, depuis la publication de mon billet d’hier. Alors d’abord, je voudrais vous faire part de mon premier étonnement : comment se fait-il que vous ayez été plus nombreux à réagir que de lecteurs ? Il y a là un mystère limite insondable (pour ne pas dire impénétrable – mais celui-ci était déjà pris pour les voies du Seigneur) auquel je suis incapable d’apporter le moindre élément de réponse. Ce sera une de mes rares faiblesses de ce début d’année électorale.

Quant à mon second étonnement (oui, je parle bien du second, pas du deuxième), il est relatif à mon propos. En quoi cela peut-il bouleverser autant de monde quand j’imagine une lettre de rupture à cause de la victoire de Benoît Hamon ? Parce qu’il est clair que je n’ai rien contre lui mais il me semblait le mieux indiqué pour recevoir une pique. Je n’allais pas tirer sur une ambulance. Comme celle de Jean-Luc Bennahmias. C’est déjà assez dur comme ça de ne pas être qualifié pour prendre une grosse déculottée dans trois mois. Non, vous ne trouvez pas ?

C’est un peu comme si, en novembre, je m’étais acharné sur Jean-François Copé et pourtant, Dieu m’est témoin que je ne l’aime pas mais là, vous savez quoi, de terminer dernier de la primaire républicaine, pour un peu, j’aurais presque pu ressentir un peu de sympathie pour lui. J’aurais pu lui donner 20 centimes pour qu’il s’achète un pain au chocolat et il aurait même pu garder la monnaie pour lui. Non, sans blague, hier, pour le coup, c’était juste de l’humour. Il fallait prendre mon billet pour ce qu’il était. Comme une non-intention de vote pour dimanche prochain.