Je crois que je suis de meilleure humeur, ce matin et j’ai des chances de le rester toute la journée voire, toute la soirée. Mais je ne peux jurer de rien à cet instant précis, là, à mon travail, 10h35, heure locale. Sous un soleil d’hiver, exactement. Mais pas n’importe où.

Je ne me suis pas spécialement bien levé, à 3h45, ce matin mais je ne l’ai pas fait à reculons, ce qui est déjà ça. Sinon, je serais rentré dans le mur du fond de la chambre, celui qu’on a fait peindre en bleu. Et c’est ainsi que j’aurais justement pu avoir des bleus.

Je pensais qu’il allait faire très froid et effectivement, s’il y avait moins 10 quand j’ai allumé dans la cuisine, très rapidement, on est passé à moins 5. Moins 10 et moins 5, oui. À l’horloge murale. Pas au thermomètre, bien sûr. Oh ben non, quand même, ça se saurait, sinon.

Et ensuite, je suis parti avec ma voiture mais je n’ai pas eu de verglas, contrairement à ce qui était annoncé à l’entrée du pont Chaban-Delmas. Mais ce n’était sans doute qu’un principe de précaution. Et je suis arrivé au bureau où le chauffage fonctionnait. Il y faisait plutôt bon. Pour une fois.

Au niveau de mon travail, rien à signaler. Un peu d’envahissement de papiers, en arrivant mais assez vite, j’ai réussi à sortir la tête de l’eau et du guidon. Ce qui doit faire penser à certain(e)s que je fais de l’aqua-bike mais non, pas du tout. Et si je dis que parfois, je rame, je ne fais pas d’aviron pour autant.

Je suis de meilleure humeur parce qu’il fait beau. Sans doute un peu. Et pourtant, je sais que je ne pourrai pas faire la sieste cet après-midi. Et ça, ça me contrarie mais ça n’entame pas ma sérénité du jour. Je sais que je devrai faire sans. Ou alors, très brièvement. Et encore…

Je ne pourrai pas faire ma sieste car Laura, la femme de ménage sera là de 13 à 15 heures. En parallèle, je dois me rendre en ville. Un vêtement à changer chez Uniqlo. Mais si j’y vais en tram, je pourrai bouquiner un peu et/ou fermer les yeux pour me détendre dix minutes.

Je sais aussi que malgré le fait que nous allons sortir tous les trois, avec le patron et le président, ce soir, je sais que ça ne sera pas la soirée du siècle. Parce que je sais déjà que le restaurant du théâtre du Pin Galant est loin d’être bien. Mais il est pratique. Et compte tenu du froid, c’est mieux de dîner sur place.

Et je sais aussi que je risque de m’endormir devant le spectacle. Le concert des grandes voix lyriques des lauréats du concours international de chant de Marmande. Avec l’orchestre des symphonistes d’Aquitaine. C’est évident que je vais somnoler devant. J’ai trop envie de dormir.

Et je sais encore et enfin que je vais me coucher tard. Le temps de revenir de Mérignac, de déposer le patron chez lui et de rentrer chez moi… alors que je ne rêve que d’une chose, là, à cet instant précis, là, à mon travail, à 10h50, heure locale, c’est d’aller me cacher sous ma couette.

Eh bien malgré tout ça, je peux dire que je sais que je suis de meilleure humeur, ce matin et que je le resterai certainement ce midi, cet après-midi et ce soir. Je suis de bonne humeur. Tant pis si je le paie demain ou dans les prochains jours, mais je me lâche, aujourd’hui.