Un jour pour rien, c’est toujours un jour de trop et pourtant, c’est un jour de moins. Comme si on avait été volé par rapport à l’emballage. Par rapport à la publicité. Mensongère parmi tant d’autres. Mais encore une fois, je me suis fait avoir par un slogan et par les jolies couleurs. Tant de promesses. Tant de choses qui font envie et qui, finalement, sont à l’opposé de ce qu’on attendait.

C’est un abus de faiblesse. C’est comme pour toutes ces nuits. Tous ces rêves qu’on m’a vendus. Et moi qui ai sauté les deux pieds dedans. En imaginant je ne sais quoi. Toutes ces nuits pleines de jeunesse qui ne sont plus faites pour un mec comme moi. Non concordance des temps. Impossibilité maximale. Incompatibilité. Effets indésirables supérieurs à la moyenne. Tant pis.

C’est du gâchis, tout ça. Alors qu’on parle de préserver la planète, il faudrait aussi préserver ses habitants. Ne pas leur faire perdre leur temps dans des nuits tronquées ou dans des douleurs quotidiennes. Toutes proportions gardées, bien entendu. Parce que d’autres gens se sont encore plus fait avoir que moi. Des gens qui subissent des choses bien pires. Mais là, c’est moi qui compte.

Du coup, à cause de cette migraine, elle-même à cause de ces douleurs cervicales et scapulaires, j’ai la sensation de perdre mon temps à ne pas être bien. Je me rabougris. Je me tasse dans mon coin. Un jour comme aujourd’hui, je vieillis deux fois plus vite que la normale. À la vitesse d’une lumière qui a commencé à s’éteindre. Comme celle d’une bougie sur une terrasse, un peu de brise suffit à…

Ça ira mieux demain ? Alors je vais devoir y croire très fort. Me persuader du contraire de ce que je ressens. Et relever la tête. Mais d’abord, si on m’autorisait juste à passer une nuit digne de ce nom. Eh bien non, tant pis si je dois encore en baver mais même si je dors mal, ce soir, demain, ça ira mieux parce qu’il le faut. Parce que moi aussi, je peux donner le change. Dans ce jeu truqué.