Pour une fois, en rentrant du boulot, un peu avant midi, alors que je dois me rendre en ville, tout à l’heure, je n’ai pas commencé par prendre ma douche. Non, je suis allé vider le sac de papiers, de journaux et de bouteilles en plastique, je me suis rasé, j’ai mis le couvert (à moins que je n’ai fait ces deux derniers dans l’autre sens mais en réalité, hein, peu importe, on s’en fout un peu, non ?) et j’ai allumé mon ordinateur pour chercher un numéro de téléphone sur Internet.

Ensuite, nous avons déjeuné. J’ai mangé avec les mêmes vêtements que j’avais au travail, ce matin et il faut savoir que même si je suis dans les bureaux, mes fringues (et ma voiture) sentent un peu (beaucoup, passionnément, à la folie) le poisson. Enfin, moi, j’en ai conscience et bien souvent, quand je demande à ceux qui sont avec moi de me sentir, ils me répondent poliment que non ou juste à peine, en vérité, moi, je vous le dis, je sens la marée.

Je sens le poisson. D’où l’urgence de prendre une douche chaque fois que je rentre chez moi après une journée de boulot. Sauf que là, ma priorité, c’était de laver aussi ma voiture. Et pas seulement dans les rouleaux des stations de lavage automatique, non. L’intérieur me fait honte : poussière sur le tableau de bord ;  terre et herbes séchées, petits graviers sur les tapis de sol, ce n’est plus une voiture, c’est une totale négligence à quatre roues dont deux motrices.

Alors j’ai appelé la station de lavage dans un parking de la ville, là où j’étais abonné, il y a encore peu de temps, vers la mairie, à St Christoly. Et je vais m’y rendre après avoir écrit ce billet. Et je vais y aller avec les vêtements que je porte depuis ce matin. Tant qu’à avoir un véhicule sale, je ne vais pas y aller en tenue de gala, pour sa toilette complète. Et je me demande si je ne devrais pas prendre des affaires de rechange, pendant que j’y suis. On ne sait jamais.

Parce que comme j’imagine que ça va me coûter dans les vingt-cinq euros, au bas mot, je me dis que je vais tenter d’en profiter pour me glisser sous l’éponge et les peaux de chamois de l’employé qui va s’occuper de mon Captur. Avec un peu de chance, il n’y verra que du feu. Et moi, j’ai peut-être l’espoir de ressortir de là propre comme un sou neuf dans une voiture brillante comme si je venais de l’acheter. La seule chose qui me dérange un peu, a priori, c’est à l’eau froide ou à l’eau chaude ?