Non, ça n’était absolument pas prévu. J’avais même dit non. Non à ce qu’elle vienne en fin de matinée car je ne voulais pas avoir à préparer le déjeuner pour trois, un samedi midi, en sachant que la troisième est quelqu’un que je ne considère pas assez comme intime. Et j’avais dit non à la fin de l’après-midi car je ne voulais pas préparer le dîner pour trois un samedi soir pour quelqu’un de que je ne considère pas comme… euh, je vais éviter de me répéter inutilement, d’accord ?

Alors, quand le président m’a dit qu’elle viendrait après le déjeuner, vers 13h30, si ça ne m’embêtait pas pour la sieste, j’avais répondu que de toute façon, je n’avais pas le choix. J’avais envisagé d’aller voir un film au cinéma mais j’avais bien compris que j’allais devoir m’en abstenir. Franchement, elle aurait pu venir quand j’étais au boulot, après tout, c’est une copine à lui. Même si je la connais depuis 23 ans, ça n’est pas une amie à moi. Alors, hein, vous comprenez bien que…

Et finalement, en débauchant, à 9h20, j’ai appelé chez moi pour dire que tout compte fait, autant qu’elle vienne pour déjeuner, ça me permettra de m’échapper vers 14h30 même si elle reste un peu là pour discuter avec le président, ils n’ont pas forcément besoin de moi. En me débrouillant bien, avec les restes du déjeuner du Nouvel An avec Claude et le patron, une galette des rois en dessert, je n’avais qu’une entrée à trouver. J’ai déniché deux feuilletés que j’ai coupés en morceaux, pour l’apéritif et ça a fait l’affaire.

Reste que ça s’est très bien passé et que ça s’est un peu éternisé. Je n’ai pu partir que vers 15h15. J’avais des choses à faire en ville. Un bon prétexte pour m’isoler. Prendre du recul. Mais pas pour faire la sieste. Ni mon blog. Alors, je m’y mets à près de 18 heures. Je suis vachement en retard. Je n’aime pas ça. Maintenant, il faut que je fasse tout avant le dîner : dormir un peu, écrire quelques paragraphes et que sais-je encore ? Aller faire pipi, oui, ça aussi mais ça n’est pas la peine de me le rappeler, je le sais. 

En tout cas, c’est elle qui a eu la fève. On sait recevoir chez nous. La fève, elle est souvent pour les hôtes, jamais pour nous. Et ça m’a surtout un peu contrarié car je trouve plus normal qu’un mec soit le roi et choisisse sa reine plutôt qu’une nana soit la reine et se choisisse un roi. Un résidu de sexisme au fond de moi, sans doute. Pourtant, normalement, je ne suis pas comme ça. Alors donc, Patou, aujourd’hui, elle a été la reine. Reste à savoir la reine de qui ? Ou la reine des quoi ?