Parmi les superstitions traditionnelles du Nouvel An, il en existe qui perdurent mais d’autres sont tombées dans certaines oubliettes. Manger des lentilles, par exemple. Il paraît qu’il fallait consommer ces légumineuses le 1er janvier, surtout en Italie, parce que c’était dans l’optique de devenir riche. D’ailleurs, cette coutume remonte à une époque ancienne où il était d’usage d’offrir une bourse pleine de lentilles en faisant le vœu que chacune d’elles se transforme en pièce de monnaie.

Du côté de l’Espagne, ce sont plutôt douze grains de raisin qu’il faut avaler mais pas n’importe quand, un grain à chaque coup de minuit, chacun d’entre eux représentant un mois de l’année à venir. Depuis l’Antiquité grecque, la vigne était considérée comme l’arbre de vie et son fruit symbolise la fertilité et l’abondance. Là, il faut juste faire attention à ne pas croquer le premier grain trop tôt car pour chaque grain avalé en avance, c’est un mois de malchance en plus.

On ne va pas s’éterniser sur le fait de se mettre du champagne derrière l’oreille tout en formulant un vœu porte chance comme en Belgique ni prendre un bain de minuit dans la mer, même s’il paraît que c’est pour se purifier des mauvaises ondes accumulées pendant l’année qui vient de se terminer. Ce bain nocturne préserverait la santé pour les douze mois à venir, paraît-il. À moins de se prendre un bain de minuit dans du champagne bien frais, pourquoi pas ?

On peut aussi, comme en Italie, porter de la lingerie rouge pour la nuit de la Saint-Sylvestre car il paraît que ça assure argent et amour pour l’année à venir. Petit détail non négligeable, il faut que les sous-vêtements en question soient impérativement jetés dès le lendemain sinon, la magie n’opère pas. Ou encore, faire le tour de son quartier avec une valise, coutume colombienne. C’est surtout pour ceux qui veulent voyager toute l’année. Et peut-on alors y mettre sa petite culotte rouge ? Ça devrait permettre de rencontrer l’amour en faisant le tour du monde, non ?

Enfin, s’il en est une qui me tient particulièrement à cœur, c’est celle, française, de s’embrasser sous le gui, aux douze coups de minuit : « au gui, l’an neuf », comme on le chantait, jadis et naguère. Il paraît que c’est signe de santé, de longue vie, de bonheur, de fertilité et de bonne entente dans le couple pour toute l’année à venir. Sauf que le gui est quand même une plante toxique. En même temps, personne ne parle d’en manger. Et, dernière précision, quand on parle de s’embrasser sous le gui, c’est avec un « i » pas avec un « y », il n’y a aucune raison d’aller s’embrasser sous un Guy. N’est-ce pas, Papa ?

La superstition est l'art de se mettre en règle avec les coïncidences. (Jean Cocteau)