À l’année prochaine, si tout va bien, que j’ai pensé très fort en quittant le bureau, ce matin, à 9h45. Je n’ai fait que le penser très fort car vu qu’il n’y avait qu’un seul mec, autre que moi, de présent, je n’avais pas à faire le tour de tout le monde pour dire au revoir, passez un bon week-end, à mardi et tout ce genre de choses habituelles. Non, il n’y avait qu’un commercial d’astreinte, on se demande pourquoi il est venu tant on savait à l’avance que cette nuit du 30 décembre ne serait pas à marquer dans les annales du business. Mais peu importe, ça n’est pas le sujet du jour.

En partant du bureau, donc, j’ai pensé très fort « à l’année prochaine, si tout va bien » car j’ai réalisé que c’était la dernière fois de 2016 que j’y suis venu et que la prochaine fois, ce serait en 2017. Ça m’a fait tout drôle car soudain, j’ai eu l’impression d’avoir plus qu’un simple week-end devant moi. D’avoir carrément trois ou quatre jours sans avoir à me lever avant les coqs alors que je couche déjà avant les poules. Et ma foi, sur le moment, ça m’a fait plaisir. Une petite jouissance fugace. Aussi éphémère que la moindre seconde qui passe. À peine le temps d’en profiter, quoi…

Je suis alors monté dans ma voiture, il y faisait très froid et je n’étais pas mécontent de rentrer chez moi et d’y retrouver mon pull à traîner dans l’appartement. Et d’avoir autant de temps devant moi. Sauf que soudain, alors que vraiment, je trouvais qu’il faisait trop froid et trop humide, j’ai réalisé qu’en leur disant mentalement « à l’année prochaine, si tout va bien », ce n’était jamais que dans deux jours et demi. Je n’aurais donc qu’un seul week-end normal devant moi. Rien de plus. Tu parles d’une fête de fin d’année, toi. Rien que de la routine. Champagne et saumon fumé mis à part.