Bon, je vois que mes propositions de recettes exotiques d’hier n’ont pas rencontré le succès que j’aurais espéré dans mes rêves les plus fous. En même temps, je ne sais pas pourquoi mais, tout en écrivant ce billet, quelque chose me disait que ça ne plairait pas plus que ça. C’est pourquoi, chose promise, chose due, voici quelques idées plus de chez nous avec quelques spécialités, européennes, cette fois.

Commençons par ce pays qui me fait fantasmer depuis des années : l’Islande. Là-bas, on peut manger (je n’ai pas osé écrire « déguster ») du Hákarl. Késako ? Le Hákarl, en islandais, ça veut dire « requin » et jusque-là, c’est plutôt sympathique, je trouve. Du requin, on en mange en France et c’est très bon. Sauf que là, on parle d’un requin du Groenland, un requin qui ne fait pas pipi et donc, sa chair est saturée d’acide urique et de triméthylamine, une neurotoxine dont les effets sont proches de ceux de l’ivresse. Normalement, c’est toxique mais après une longue préparation, ça ne l’est plus.

Pour le préparer, il faut enfouir la chair du requin dans le sol pendant environ 6 mois et la mettre dans un séchoir entre 2 et 4 mois. Ce procédé permet d’éliminer la concentration d’acide urique. Ensuite, on la coupe en petits cubes et on la mange. Néanmoins, il persiste toujours une odeur d’ammoniaque un peu forte. Il faut aimer, quoi.

Descendons un peu vers l’Italie où nous attendent quelques spécialités qui sont très bien tant qu’elles restent là-bas. Par exemple, les escalopes de pis de vache. Il faut les faire cuire 3 heures dans un bouillon de légumes. Puis, on doit les égoutter et les tailler en escalopes d’environ un demi-centimètre de large pour une dizaine de centimètres de long pour les faire dorer dans une poêle avec un peu de matière grasse. À déguster chaud ou froid avec un peu de moutarde.

Le pis de vache, également appelé tétine, est un plat traditionnel relativement répandu jusqu’à il y a environ trente ans mais on peut encore en trouver dans certaines triperies où les pis de vache sont vendus précuits. Pour les amateurs de mamelles et les obsédés des nibars, quoi !

Et pour terminer, comme ça sera fromage ou dessert, on va choisir fromage. Toujours en Italie. Le Casu Marzu, de Sardaigne, également appelé formaggio marcio, dans la botte. C’est un fromage connu pour être infesté de larves vivantes. D’ailleurs, Casu Marzu, ça se traduit par « fromage pourri » en sarde.

Il faut juste savoir que ce n’est pas aussi simple que ça : cette spécialité laitière ne se limite pas à la fermentation classique, non, il est amené à un stade ultérieur par l’action digestive des larves de la mouche du fromage. Elles y engendrent un niveau avancé de fermentation et brisent les acides gras. De ce fait, la texture devient très molle et un liquide s’en écoule. Les larves apparaissent dedans comme des vers blancs transparents d’environ 8mm de long.

Ça peut être très joli mais le plus drôle, c’est que quand on les dérange, ces larves peuvent sauter en dehors jusqu’à 15 centimètres d’où des recommandations de protection des yeux pour les amateurs qui voudraient y goûter. Certains enlèvent ces larves avant de manger le fromage, d’autres non. Je pense que ça peut beaucoup faire rire les enfants si les larves se mettent à sauter. Voilà de quoi animer un repas qui pourrait s’éterniser pour eux…

Voilà, je vais m’arrêter là pour ce réveillon à venir. Personnellement,  je vais rester classique car je travaille très tôt, encore demain matin et je crains de ne pas pouvoir tenir tard, le soir. Peut-être dînerai-je vers 20h30 au lieu de 20h… Mon dieu, quelle soirée de folie en perspective ! Une soupe, un suppo et au lit. Non, je plaisante, je n’ai pas prévu de faire de soupe.