Afin de changer des sempiternels foie gras, huîtres, saumon fumé, dinde aux marrons et autres bûches au chocolat, je vais vous présenter des mets exotiques pour le moins originaux. Prêts pour un petit tour du monde gastronomique ?

Commençons par le Mexique avant de rejoindre l’Asie. Je vous propose des punaises en sauce. Une idée vraiment inédite pour relever l’assaisonnement de vos tacos, entre autres : au moment de recevoir la sauce, jetez-y une poignée de punaises locales. Elles se marient parfaitement avec la tomate et les poivrons. Certaines de ces punaises, les jumiles, sont même à déguster vivantes en les enroulant dans une tortilla. Le seul risque, c’est que l’une d’elles s’échappe et remonte votre bras sous la manche de votre chemise ou de votre robe longue.

Et maintenant, l’Asie, rien que pour le plaisir de manger des choses qu’on n’aurait jamais imaginées même dans nos rêves les plus fous. Au Vietnam, par exemple, le cobra est un mets de premier choix. Il est bien vu d’en sortir un lors d’un dîner traditionnel. On le prend vivant, on le saigne et on le prépare. Il faut bien mélanger le sang et la bile avec de l’alcool de riz, c’est ce qui servira de boisson pour accompagner le repas. On mange le cobra grillé, en soupe ou sous forme de chips. Et à la fin du dîner, on apporte le cœur encore palpitant du reptile et on le donne au doyen de la tablée qui a l’honneur de l’avaler tout cru. Il paraît que ça donne beaucoup d’énergie.

En Thaïlande, il est de bon ton de manger des insectes grillés, tout le monde le sait déjà. Des punaises d’eau, des sauterelles, des cigales, des chrysalides de vers à soie, des scorpions, des criquets, des grillons, des chenilles, des cigales… on agrémente le tout d’herbes et/ou d’épices et on les fait griller ou frire. Ça se mange avec les doigts. Il faut juste être prudent en les conservant vivants au réfrigérateur afin de ralentir leurs mouvements quand on les prépare… Imaginez que les sauterelles soient trop vives et envahissent la cuisine…

Au Japon, on peut consommer du liquide séminal de poisson. Il faut choisir un fugu ou une morue mâle, en sectionner l’abdomen et récupérer les vésicules séminales pleines. Il faut alors les faire frire rapidement avant de les déguster avec une bonne bière locale.

En Indonésie, on apprécie la chauve-souris, en particulier à la broche. Mais on peut aussi la rôtir de façon classique ou la préparer en sauce avec des herbes et des aromates. Il paraît que ça ressemble à du pigeon. On dit que les ailes sont aussi très bonnes. Il faut juste penser à les faire bien cuire, longtemps, car ces petites bébêtes sont quand même porteuses de la rage.

Nous allons terminer par un florilège de spécialités chinoises : les œufs de cent ans, par exemple. Il faut prendre un œuf de cane et le laisser reposer pendant plusieurs semaines (en gros, jusqu’à 100 jours) dans de la boue chargée de chaux, de riz et de feuilles de thé. La consistance de l’œuf va alors changer pour devenir crémeuse sous l’effet de l’ammoniaque. On le consomme ensuite comme un œuf dur avec un peu de vinaigre. Pour les gens délicats, attention aux odeurs de soufre à l’ouverture.

La soupe à la crevette vivante ivre. Non, vous avez bien lu : ivre. Il faut faire chauffer un mélange d’alcool et d’épices à feu doux et dès que c’est suffisant, il faut y jeter les crevettes encore vivantes quelques secondes et les déguster pendant qu’elles bougent encore (elles bougent moins vite car elles sont saoules en plus d’avoir chaud et ça, ça ne pardonne pas…) Cette recette est considérée comme une des plus cruelles d’Asie donc, si vous êtes un peu sensible, vous pouvez les tuer avant de les pocher dans l’alcool. Mais ça n’aura pas le même charme, il faut le savoir.

L’œil de thon poché, un must chinois. Prendre un œil de thon de belle taille (donc, de gros thon) et le pocher quelques minutes avant de le décortiquer. Ça se mange un peu comme un crabe, il faut extraire la chair des cartilages et des différents corps mous non comestibles. Certains de ces yeux peuvent être de la taille d’un poing (tout est proportionnel à la taille du thon) et ça s’achète en barquette, comme de la volaille. Vous croyez que Jean-Marie Le Pen en a déjà mangé ?

Je vous ai passé sous silence les œufs couvés, qu’on trouve en Malaisie mais si vous insistez, je peux en parler. Bon, alors voilà : on poche des œufs de cane couvés (avec des embryons de canetons, dedans) et ça se mange comme un œuf à la coque. Sauf que ça se mange de préférence à la nuit tombée, dans la rue, quand on n’y voit pas beaucoup, ça permet de se concentrer sur le goût et pas sur l’apparence car ça n’est pas du tout ragoûtant.

À vous de voir si vous vous sentez d’épater vos amis. Ou de les dégoûter de vous fréquenter à jamais. Maintenant, si vous n’êtes pas plus portés que ça sur ce genre de mets exotiques, demain, nous reviendrons en Europe. Et là, chacun devrait pouvoir y trouver son compte.