On respire un grand coup ou un grand bol et on ferme les yeux et on se dit que tout ira bien. Comme on n’a pas le choix, il faudra bien que tout aille. Sans préciser ni bien, ni mal, il faudra que tout aille, un point c’est tout. Un poing levé, c’est tout. Parce qu’on ne se laissera pas abattre comme ça. Certains sont tombés au champ d’horreur mais les autres, nous autres, bien plus nombreux, pas surnuméraires, non, juste nombreux. Et nous garderons la tête haute. Même si nous avons le cœur bien bas. Et l’autre, là, le terroriste, il se serait fait tuer en Italie. Pas bien malin, tout ça.

Il n’y a pas à dire mais ce qui s’est passé à Berlin, ça plombe un peu Noël. En même temps, comme je ne le fête pas particulièrement, quelque part, je m’en fous que la fête soit gâchée car elle ne le sera pas pour tout le monde, surnuméraires (cette fois, oui) seront ceux qui penseront à autre chose, à leurs plaisirs, à leurs cadeaux et tout et tout. Pour moi, peu importe que ce soit la fête ou pas. En plus, aujourd’hui, j’ai encore la migraine. Ça redevient une habitude. Une sale manie. Pourtant, j’en étais débarrassé, il me semble. À moins que je n’aie fait que rêver que la bête avait disparu.

Pour en revenir à ce terroriste en fuite, franchement, quelle idée étrange d’aller se faire buter en Italie ? Il y a d’autres endroits bien plus appropriés pour aller se faire flinguer. Personnellement, je suis partagé, je suis à la fois soulagé qu’il ne soit plus dans la nature mais un peu frustré, car je pense qu’il va être considéré comme un martyr alors qu’on en est bien loin. Et en plus, pour les victimes et leurs familles, il n’y a plus de procès possible. Un deuil difficile à faire, sans doute. Des questions vont rester sans réponse. À jamais. Parce qu’il sera mort avant d’avoir vu Naples. Mais il s’en foutait, je crois.