Allemagne, mère blafarde,  je pense à toi, depuis hier, depuis que j’ai appris, un peu tardivement, cet odieux attentat à Berlin. Berlin, où je suis allé, il y a quelques années et qui, malgré le poids du passé, plus que lourdement présent est contrebalancé par une espèce de douceur de vivre comme un besoin de revanche sur une histoire honteuse.

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Berlin, c’est l’allée sous les tilleuls, Unter den Linden, où, même en plein mois de mai hivernal, il fait bon se promener. Il faisait bon s’y promener jusqu’à ce jour funeste d’entre tous les plus mauvais jours et j’espère que l’insouciance légère (pléonasme ?) que j’ai ressentie, là-bas, dans maints endroits reviendra vite, quand la vie aura repris.

Berlin, c’est une ville de contrastes. D’un moment à l’autre, on passe de l’émotion la plus intense à des grandes respirations, des bouffées d’oxygène grâce à tous ces espaces verts, ces grandes artères pas souvent embouteillées et à ces espaces. Sauf qu’en ce moment, Berlin n’est que soupirs de tristesse, d’incompréhension, d’abattement, de stupeur et de colère.

J’ai mal à mon Berlin, à celui que j’ai connu, avec le patron, le président et Arnold. J’ai mal à Arnold car je sais ce que c’est que ces meurtrissures quand on les apprend sans trop y croire, d’abord, dans les medias. J’ai mal à mon ami Arnold car c’est un grand sensible et j’ai eu besoin de lui écrire, hier, vite, précipitamment, pour lui dire que je pensais à lui. Plus que d’ordinaire.

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Ich bin ein berliner auch. Je suis berlinois, moi aussi. Et toi aussi. Et vous aussi. Nous sommes tous des berlinois. Nous sommes tous des européens, français et allemands, entre autres. Nous sommes amis, nous sommes frères et nous sommes unis dans ces moments de douleur. Ich bien Deutsch. Il n’y a pas grand-chose à dire mais le peu qui peut être dit doit l’être.