Pourquoi Diable n’aimé-je pas Noël ? Probablement parce que je ne crois plus en son père. Pas plus que je ne crois en l’autre, celui qui est aux cieux. Et ceci explique sans doute cela. L’un ne va pas sans l’autre. Dans un cas, c’est de la magie, dans l’autre, la réalité. Crue. Triviale. Indécente.

Non, en réalité, c’est parce que je n’ai pas d’enfants moi-même et donc, ça me passe au-dessus de la tête car évidemment, les Noëls d’aujourd’hui n’ont pas le charme de ceux que j’ai connus quand j’étais petit. Tout était tellement miraculeux. Ça marchait à tous les coups car c’était un véritable événement dont on ne parlait pas des mois à l’avance. Les rues n’étaient pas décorées cinq à six semaines avant la date. On espérait Noël plus qu’on ne l’attendait.

Aujourd’hui, on sait déjà que les enfants, incapables de se concentrer longtemps sur une chose (ce n’est pas leur faute, c’est dans un monde d’images rapides et de bruits qu’ils sont élevés – euh… dans lequel on les laisse évoluer), on les envahit de cadeaux car peu importe ce qu’on leur offre, l’important, c’est d’en avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup… Trop, non ? La moyenne est de 8,4 cadeaux par enfant. Chez les gens les moins défavorisés, cela va sans dire.

Mais on sait surtout que d’ores et déjà, au moins un tiers des cadeaux sera revendu pour au moins deux raisons. La première, c’est que ça ne plaît pas. Et là, on peut se demander pourquoi alors faire des présents si on n’est pas sûr que ça plaise. La deuxième, c’est que c’est un moyen de faire de l’argent d’une façon à peu près rapide. Alors là, pourquoi ne pas offrir de l’argent ? Parce que ça ne fait pas assez cadeau ? Et un cadeau, ça ne fait pas assez pognon ? Foutaises !

Cette année encore, je fais la grève de Noël. Je revendique un Noël sans outrance de consommation quelle qu’elle soit. Un peu plus amélioré que l’ordinaire ? Oui, à peine. Juste histoire de ne pas être trop à la traîne. Mais en même temps, c’est étrange et drôle, car après, tout, je m’en fous.