Le roi n’est pas mon cousin et pour cause, puisque le roi, c’est moi !

Je suis le roi de la galette à la frangipane. Non pas que je sache spécialement bien la faire, je n’ai même essayé qu’une seule fois, dans toute ma vie et dans toute ma carrière de mec qui sait un peu faire la cuisine mais je suis quand même le champion du monde de la frangipane. C’est-à-dire, alors que je ne suis pas vraiment un bec sucré, je suis capable d’en manger des dizaines pendant le mois de janvier. Et pas seulement en les partageant, ces galettes, non, je suis capable d’en acheter des petites individuelles et de les manger tout seul dans mon coin, comme un grand. Et là, je suis sûr d’avoir la fève, à chaque fois. Et alors, le roi moi est content et quand le roi moi est content, normalement, ses sujets en tirent certains bénéfices.

Je suis le roi du jeu de mots foireux mais pas que. Je tire aussi vite que l’ombre de certains mecs du même genre que le mien. Je pense en particulier à celui qui m’a tout pris et qui m’agace parce qu’il pense très souvent aux mêmes boutades que moi, au même moment. Je n’ose citer son nom parce que, après tout, je n’ai aucune raison de le louer ici mais tant pis, contre mauvaise fortune, je vais faire bon cœur parce que de toute façon, je l’aime bien, Laurent. Oui, Laurent. Il s’agit de Laurent Ruquier. Il m’a tout piqué mais je m’en fous, je n’aimerais pas forcément vivre la vie qu’il mène, à plus que cent à l’heure alors que moi, pareil mais moins dans la lumière. Et rien que pour ce paragraphe, je peux vous dire que je me suis retenu pour ne pas faire un seul calembour. Comme ceux dont la voiture s’arrête brutalement dans la préfecture de l’Ain.

Je suis le roi des douillets. Même David, le gros David qui faisait du judo et qui soutenait Bernadette Chirac, il est moins douillet que moi. Rien que l’idée même de me parler d’aller chez le dentiste ne serait-ce que pour un simple détartrage ; rien que l’idée de me faire faire un fond d’œil chez l’ophtalmo, en mai 2017 ; rien que l’idée de recevoir une piqûre, pour ne parler que de ces trois choses somme toute assez anodines, rien que ça, ça me met dans tous mes états de nerfs. Au point de devoir prendre de l’arnica avant. Et limite pendant. Les prises de sang sont un véritable calvaire, pour moi. L’idéal, ce serait de m’anesthésier avant mais rien que pour ça, il faudrait déjà me piquer. C’est insoluble. Ou alors, l’hypnose ? Oui, mais non, si j’entends tout, j’aurai mal, quoiqu’il arrive.

Le roi n’est pas mon cousin, je vous le disais, parce que le roi, c’est moi !