Il y a des mots qu’on utilise un peu comme ils viennent et je me demande si on les utilise à bon escient. Par exemple : charabia et baragouin. Parce que moi, si je suis capable de baragouiner, je pense que je sais absolument faire du charabia. D’une part, parce que le verbe qui va avec charabia n’existe pas, sauf si je me trompe. Ou alors, s’il m’arrive de charabiater, c’est de façon totalement inconsciente.

Et s’il a pu m’arriver d’aller à Bias, dans les Landes, je suis certain de n’y avoir jamais pris un tank pour me déplacer. C’est vrai, ça, ça se saurait si j’avais déjà pris un char à Bias.

Et que faisiez-vous donc le 10 décembre 1970, dans l’après-midi ? Attendez que je réfléchisse un peu car ça ne date pas d’hier. Le 10 décembre 1970 ? Ah oui, je sais. J’habitais à Melle, dans les Deux-Sèvres et nous étions dans une grande maison, en location. Nous avions quitté l’HLM de Senlis dans l’Oise, à Pâques et là, ce jour-là, le 10 décembre, je m’en souviens très bien, maintenant. Oui, parce qu’il y a deux similitudes très proches avec aujourd’hui.

Et je ne suis jamais non plus allé prendre un verre dans une boîte pour lesbiennes, pour seule raison que je ne vais pas aller les embêter. Je ne fréquente donc aucun bar à gouines.

Les deux principales ressemblances entre ces deux 10 décembre, celui de 1970 et celui de 2016, c’est le fait qu’ils tombent le même jour et l’ensoleillement qui les habite. Peut-être faisait-il seulement un peu plus chaud dans le premier des deux car je me revois très bien, dans le jardin, moi, qui aimais plutôt mieux rester dans ma chambre, habituellement et je ne portais qu’un tee-shirt. Pour un mois de décembre, c’est étonnant, non. Donc, je peux dire que mon alibi, j’en suis baba.