Je suis sur le cul, comme tout un chacun. Je suis tombé par terre, pas à cause de Voltaire, hier soir mais à cause de Fillon. Comment a-t-il fait pour désintégrer Sarkozy et reléguer Juppé au second plan ? Dis-moi quel est ton secret, François ? Certes pas ton prénom… tu n’es pas le premier et l’autre, celui qui est là, on ne peut pas dire qu’il ait renversé beaucoup de monde depuis quelques temps. Et pourtant, je suis tout à fait d’accord avec ces dizaines d’artistes qui ont signé un texte pour dire stop au Hollande-bashing. J’adhère à ce message à 100% car il y en a assez de voir les medias (journalistes et instituts de sondage) faire la loi et dénigrer systématiquement tout ce que fait le président de la république. Normalement, j’aurais dû écrire ça avec des majuscules. Normalement…

Cette dévalorisation de la fonction présidentielle, elle remonte au quinquennat de Nicolas S… C’est lui qui a lancé la mode. C’est lui qui n’a pas eu la hauteur nécessaire à la fonction pour laquelle il a été élu. Il a eu la hauteur de sa suffisance, c’est tout. Il n’a pas été un président élégant et donc, depuis son arrivée à l’Élysée, on a senti un très net nivellement par le bas. J’ai la nostalgie des présidents qui savaient bien s’exprimer et qui, même s’ils prêtaient parfois à rire ou à sourire, et qui avaient du charisme et de la tenue. Alors oui, peut-être que Fillon est de cette trempe-là, ça n’est pas impossible du tout. Mais au-delà des apparences, faut-il s’en réjouir, de son écrasante victoire ou pas ? Jusqu’à quel point ? Entre deux maux, choisir le moindre, certes. Certes… mais quand même…

Parce que d’un point de vue social, Fillon, il ne fait pas rêver. Pas plus que Marine Le Pen. Enfin si, peut-être un peu plus, question de principe. Mais qu’en sera-t-il de certains points importants de notre société : l’avortement, le mariage pour tous, la GPA, la PMA, l’euthanasie ? Pardon de sembler caricatural mais ce sont des questions que je me pose. J’ai des craintes au-delà du plaisir jouissif d’en avoir vu un tomber. Je ne vais pas tirer sur une ambulance mais bon… il y a un moment où ça suffit, non ? Et encore au-delà de ce que j’ai dit : jusqu’où peut-on parler de renouvellement de la classe politique en ayant un second tour des primaires républicaines entre Fillon et Juppé ? Voilà, la chose est suffisamment importante pour être dite ici. Mais je n’ai pas à me plaindre, je ne suis pas allé voter, hier, moi.