On alterne le soleil et la pluie et ça fait des journées qui sont loin d’être aussi monotones que celles de l’automne dans la chanson du même nom. C’est un peu normal qu’on ait un temps tourmenté vu comment va le monde et vu comme l’homme le malmène. C’est la faute à la bombe nucléaire, ma bonne dame. Mais non, mon bon monsieur, vous vous trompez, c’est la nature qui reprend ses droits. Et qui nous fait un droit d’honneur quand elle a envie de se venger de nous.

Aujourd’hui, il pleut et il soleille. On peut même dire qu’il nuage et qu’il vente, en plus. Vive le vent, vive le vent, vive le vendredi. C’est le lendemain du Beaujolais nouveau qui n’a plus rien de bien nouveau depuis le temps qu’on nous le sert avec force persuasion car sinon, on ne serait même pas sûr qu’il soit buvable. Potable, oui. Buvable, ça reste à prouver. C’est donc le lendemain du vin neuf, des charcutailles et des fromages. Aujourd’hui, on se doit de faire maigre.

J’aimerais bien qu’on fête aussi le vent nouveau. Qu’on ne soit pas toujours en train de penser aux vents mauvais. J’aimerais bien qu’on n’oublie pas que là-haut, tout là-haut, par-dessus les nuages et même encore plus loin, il y a un français qui est parti voir ailleurs si nous n’y étions pas. Allez, Thomas Pesquet, vas-y mais n’y prends pas trop goût, reviens vite nous raconter. Et quand je dis vite, c’est une façon de parler car il y en a pour plusieurs mois avant qu’il ne redescende sur terre.

Et plusieurs mois, c’est aussi ce qu’il va me falloir attendre, patiemment, si j’en suis capable. Parce que je suis toujours un peu en train de courir, vous le savez déjà. Vous ne savez pas toujours après quoi je cours, moi-même, je me le demande, parfois. Souvent. Aujourd’hui, c’est le troisième jour consécutif que j’ai choisi comme jour de pause. Après le boulot, rien. Passer l’après-midi, le reste de la journée à regarder le temps passer. Et espérer quelque chose qui sort du lot. Qui pointe.

Tout à l’heure, quand même, j’ai fait un effort, j’ai planté le petit pot de basilic que j’ai acheté ce midi. Il a rejoint les autres herbes aromatiques dans mon potager sur pied. Et là, j’ai de la verdure en veux-tu en voilà et ce n’est pas la peine de sortir une bouteille de champagne, la pluie s’occupe très bien d’arroser ces nouveaux venus pour leur souhaiter la bienvenue et les remercier d’être déjà en forme. Alors que pour l’instant, toujours pas, toujours pas de tulipe en vue. Pourtant, je surveille.