J’arrive parfaitement à expirer, docteur mais aujourd’hui, j’ai un vrai problème d’inspiration. Je peux aspirer mais je ne peux pas inspirer. Je ne m’inspire pas et rien ne m’inspire. C’est un jour qui a commencé dans la douleur et j’espère juste qu’il ne finira pas dans le même chaos.

Déjà, je suis tombé du lit. À mon corps défendant. Et s’il n’avait tenu qu’à moi, alors qu’il n’était que 3h15 de la nuit (déjà 3h15 ?) et que c’était grosse lune dans un ciel noir brillant… je me serais recouché avec cette belle image dans la tête. Mais ça ne marche pas comme ça, dans ma vie.

Ensuite, si j’ai frissonné, ce n’est certes pas de plaisir mais bel et bien (moche et mal) parce que j’avais froid. Parce qu’il faisait froid et encore humide. Il faut dire qu’à une telle heure indue, comment peut-on rêver de douceur de vivre ? Il y a des fois où je me désespère de moi-même.

Enfin, je suis arrivé à mon travail et là, c’était le faux calme avant la tempête. Tout le monde semblait avoir vite et bien bossé, cette nuit. On a fait un chiffre moyen mais j’ai eu des tas et des tas de choses à reprendre tant ça a été la foire au n’importe quoi. La faute à la pleine grosse lune ?

Et de fil en aiguille, j’ai passé mes « un peu plus de huit heures » à corriger, rectifier, chercher, analyser et un peu maugréer. Je suis comme ça, je ronchonne toujours un peu mais aujourd’hui, j’ai dépassé mon niveau habituel. Je m’en remettrai. Je commence déjà. Parce que, avec le temps…

Avec le temps… je suis rentré chez moi et là, pendant que Laura aspire, moi, je cherche l’inspiration. Qui ne vient pas vite. Je crois même qu’elle ne va pas venir du tout. J’ai dû me tromper de jour et d’heure. C’est ainsi, des fois, on n’est pas sur la même longueur d’ondes. Parfois. Souvent.

Non, pas si souvent que ça mais quand je me traîne, comme aujourd’hui, les parfois ont un arrière-goût très prononcé de souvent. C’est un jour sans. Un jour sans plaisir. Un jour avec d’hésitation et de baissage de bras. J’aurais dû m’en douter dès le départ mais des fois, naïvement, on croit que…