Je ne parcours pas que des grandes œuvres littéraires, loin de là mais j’aime lire. Et parfois, contre toute attente et contre toute habitude, je me mets à des ouvrages qui ne sont pas de la famille des romans. Malheureusement, depuis un peu plus d’un an, principalement parce que je ne prends plus le tram pour aller travailler (horaires incompatibles), j’ai perdu le temps de me plonger dans un bouquin, maintenant, ça reste de l’occasionnel. C’est dommage et ça me manque. On perd vite la routine de la lecture. Cependant, parfois, je tombe sur des pages qui m’enthousiasment, comme ça m’arrivait assez souvent, jadis et naguère. C’est ce qui s’est passé, hier, alors que je venais de m’installer confortablement sur un fauteuil relax sur la terrasse, au bord de la piscine, à Biscarrosse. Avec le dernier livre de Mélenchon entre les mains. Un joli paradoxe que ce bouquin de gauche dans un environnement très de droite. Je ne peux résister à reproduire ce que j’ai lu, hier. Je n’ai lu que ça et je l’ai lu et relu. Parce que j’avais besoin de m’en imprégner. Aussi, je ne peux que partager ces deux ou trois paragraphes tant que je les trouve extraordinairement intéressants et très propices à une bonne réflexion, à propos de la loi du nombre :

« … Le nombre des êtres humains est l’explication du mystère de ce qu’on appelle « l’accélération de l’histoire ». Un calendrier saisissant le montre. C’est celui du récit de la saga de l’humanité quand on la ramène à une année imaginaire. Surprise : l’ensemble se présente surtout comme un agenda quasi vierge. Il ne se passe rien pendant vraiment très longtemps. Mais, arrivés au bas de la dernière feuille, on doit inscrire davantage d’événements que ne pourraient en contenir tout le reste des pages ! Voyons cela.

Notre premier ancêtre humain est né le 1er janvier à zéro heure. Il a certes inventé les outils dans la première journée. Mais le feu n’a pas été domestiqué avant la fin octobre. Dix mois sur douze se sont donc écoulés sans changement à signaler ! Les rites funéraires apparaissent pour la première fois le 13 décembre. La grotte de Lascaux a été peinte autour du 28 décembre. On chassait alors et on cueillait au hasard de l’errance. La révolution néolithique et l’agriculture commencent le 30 décembre.

Le 31 décembre, vers 4 heures du matin, est inventée la roue. La première machine à vapeur fonctionne à 22 heures. À 23h46 démarre l’installation de l’énergie nucléaire. Tout le reste, c’est-à-dire l’essentiel  de nos inventions, arrive en ouragan affolant dans les quelques minutes qui nous restent avant minuit. Un exemple : le premier téléphone tactile est commercialisé à 23h 58 minutes et 31 secondes !... »

Pour moi, tout est parfaitement résumé dans ces quelques lignes, extraite du premier chapitre de « L’ère du peuple », de Jean-Luc Mélenchon. Et tant qu’on n’aura pas compris ça, ce qu’il vient de dire, on pourra promettre tout ce qu’on veut, quand on est dans les instances politiques, tout ne sera que boniment et balivernes. Ne perdons pas de vue que la population mondiale augmente trop vite et que nous épuisons la planète de plus en plus, chaque année qui passe, chaque mois qui passe, chaque semaine qui passe, chaque jour qui passe et chaque minute qui passe.