Contre toute attente, vu les très nombreuses réactions suite à la publication de mon billet d’hier, sur mes capacités de justicier qui se met en colère (un peu comme si j’étais le fils légitime de l’incroyable Hulk), je me dois donc bel et bien de raconter la suite de cette occupation inconsidérée de ma place de parking de la résidence dans laquelle j’habite.

Eh bien, après m’être tout d’abord et tout simplement stationné très proprement juste derrière la voiture incriminée, tout en pestant intérieurement (pour ne pas dire « en fulminant ») et je suis sorti de la mienne. Je m’étais mis de façon à l’empêcher de repartir surtout si la voisine rentrait et se parquait, elle aussi car là, l’autre voleur de place aurait été totalement bloqué. Quand je pense qu’il n’a même pas mis un mot sur son pare-brise pour dire qu’il était dans tel appartement ou qu’on pouvait le joindre à tel numéro de téléphone…

J’ai pris un bout de papier et un stylo dans mon sac et j’ai écrit ce que je ressentais, poliment, certes mais fermement, surtout : vous êtes garé à ma place, sans m’avoir demandé l’autorisation de le faire, sachez que je ne serai pas joignable de l’après-midi et que je ne partirai que demain matin. Sans signer, sans mettre mon numéro de téléphone, moi non plus. Après tout, il n’avait qu’à se débrouiller pour trouver qui j’étais. Et je suis monté chez moi, un peu mal à l’aise. Et très contrarié. Sans doute un peu de fumée devait-elle sortir de mes naseaux mais je n’en suis pas certain.

J’y ai pensé pendant tout le repas et je me suis promis de redescendre juste après le déjeuner pour prendre une première photo de la situation et une seconde de la plaque minéralogique de l’autre. Parce que quelque part, je me suis dit que s’il arrivait à sortir en bousculant ma voiture pour ne pas dire en l’accidentant, comment pourrais-je alors me retourner contre lui ? Je pouvais aussi tomber sur un malade mental qui aurait pu défoncer mon véhicule, si le fait de se trouver coincé l’avait mis trop en colère. Ou il aurait pu aller chercher une pelleteuse ou un camion plein de détritus… ou sortir un fusil ou m’attendre, un jour pour me casser la gueule.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’il avait réussi à partir. À disparaître. À tel point que je me suis même demandé si je n’avais pas rêvé. Mais non, ma voiture n’était pas à sa place mais devant sa place. Je sais que tout ça est vrai de chez vrai. Alors, j’espère juste que ce n’était qu’un seul incident sans récidive car si ça doit se reproduire, je ne sais pas si je saurai me retenir, cette fois. C’est vrai ça. Je pourrai sans doute défoncer sa voiture, si je suis trop énervé. Ou aller chercher une grosse masse et tout casser. Ou encore y mettre le feu. Allez savoir, il ne faut pas réveiller un chat qui dort. Et il faut se méfier des petits. Parfois, on croit qu’ils sont loin mais en réalité, ils sont tout près.