Je ne suis pas plus sanguin que ça tout simplement parce que je n’en ai pas les moyens physiques. Je n’impressionne personne vu que je suis baraqué comme un far aux pruneaux. Ni grand, ni costaud, oui on peut dire que je n’ai pas l’allure d’un rugbyman. Donc, je ne cherche jamais la bagarre mais quand c’est trop, c’est trop (pico) et voici le pourquoi du comment.

J’arrive du boulot, au passage, j’ai fait quelques courses pour le week-end, surtout pour emporter des choses à Biscarrosse où nous allons passer notre samedi (après mon travail) jusqu’à dimanche soir. Une fois à proximité de la résidence, j’appuie sur le bouton du bip pour l’ouverture du portail de la cour et du parking et là, alors que j’étais naze, encore une fois, je me demande si je vois bien ce que je vois et que ne vois-je pas ? Une voiture stationnée à la place numéro 18. Ma place. Parce que la place numéro 18, elle m’appartient. C’est écrit en toutes lettres dans l’acte de vente de l’appartement. L’appartement B52 et la place de stationnement numéro 18. Là, noir sur blanc. Autant vous dire que j’ai été tout de suite mécontent de voir cette petite voiture blanche immatriculée 16 avec un A, au cul.

Façon numéro 1 : je lui rentre dedans et je m’en fous car je dirai que je ne l’ai pas vu. Comme il n’a rien à faire ici, j’ai été aveuglé par le soleil, dans la cour puis par la pénombre une fois sous le bâtiment. Je lui nique le derrière de toute sa bagnole à ce petit conducteur de mes fesses. Je lui défonce son haillon arrière et je lui arrache tout ce qui dépasse. L’inconvénient, comme la colère n’est pas bonne conseillère, c’est que du coup, au passage, j’ai aussi cassé ma voiture. Et comme dans le Corniaud, si elle roule moins bien, comment j’irai bosser demain matin, hein ? Et comment irons-nous à Biscarrosse, demain après déjeuner, hein ?

Façon numéro 2 : je vais chercher une pelleteuse dans le chantier d’à côté et même si je n’en ai jamais piloté une, je viens jusqu’au parking avec. Je défonce le portail électrique et je fonce vers la voiture du petit con (ou de la petite conne) et là, j’actionne la pelle en écrasant la lunette arrière de sa bagnole et je tire le véhicule vers l’arrière pour le prendre entre les mâchoires de mon enfin et je la fais virevolter de haut en bas et de droite à gauche pour le laisser choir de toutes les forces de mon enfin de chantier. Et tant pis si j’ai abîmé des balcons et d’autres voitures au passage. Je m’en fous. Je suis très en colère. Et si ça se trouve, les gens dont j’ai cassé des choses, peut-être que je ne les aimerais pas, si je les connaissais. Peut-être que parmi eux, il y a celui qui a laissé entrer la voiture qui s’est mise à ma place.

Façon numéro 3 : je file au centre de déchetterie, là-bas, à deux ou trois kilomètres et je pique un camion plein de saloperies immondes, puantes et nauséabondes. Avec des choses pourries et d’autres en décomposition totale. Et je viens tout déverser sur la petite voiture de ce  mal élevé qui n’a même pas demandé la permission de venir se garer là où ça m’appartient. Et qu’il ne vienne pas se plaindre avec sa poubelle toute salopée. Parce que moi, je le prends par le cou et je lui fous la tête dans toute cette fange autour de sa voiture qui était blanche, avant ce midi. Et je tire la chasse. Et tout disparaît dans les égouts. Voilà. On n’a pas à prendre ma place, qu’on se le tienne pour dit. Définitivement. Sinon, je risque de m’énerver.