Oui, ma vie est un manège, toutes les choses passent, vont et reviennent… Et mon manège à moi, c’est toi…

On est mardi. Le lundi du pauvre. Le lundi du paumé du mardi. J’ai repris le travail, ce matin, après un week-end plutôt peu reposant. Une fois n’est pas coutume mais je me suis couché tard samedi et un peu moins tard mais quand même, dimanche. Heureusement, je n’ai fait aucun abus samedi soir, chez nos voisins, juste deux verres de Prosecco… pas de quoi me rendre dans une réunion d’alcooliques anonymes. En tout cas, ce n’est pas ça qui m’aura tourné la tête. Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, c’est vin blanc italien pétillant et je trouve ça aussi bon que le champagne. Et quand je me laisse aller, ça peut me griser mais samedi soir, je suis resté sous contrôle. Il faut dire que je n’ai apporté que deux bouteilles, donc, à un moment, on a arrêté de me servir parce qu’il n’y en avait plus. Et quand on sait que moi, je ne bois pas d’alcool, en règle générale, il faut également savoir que si on me sert, je bois. Tant qu’il s’agit de champagne, de Prosecco ou de deux ou trois petits rosés ou blancs que j’aime bien…

Oui ma vie est un manège, comme une chanson, c’est le temps qui l’entraîne… Tu me fais tourner la tête…

Personne ne m’a tourné la tête, ce week-end. J’ai passé une agréable soirée à deux pas, voire à un pas, de chez moi. Il m’a suffi d’ouvrir ma porte d’entrée et de faire un pas vers la droite, vers celle des voisins, en angle avec la nôtre. Toc toc ! Qui est là ? Quel est le mot de passe ? Vous pensez bien que je ne vais pas vous le révéler ici. En tout cas, Philippe et Valérie sont venus nous ouvrir et nous avons pu nous débarrasser de ce que nous portions : deux bouteilles et deux assiettes de bouchées au chocolat faites maison. Et nous sommes entrés chez eux. Nous avons découvert leur appartement et j’ai fait celui qui regardait à peine mais en réalité, j’ai tout regardé, tout enregistré et tout estimé : « ouais, pas mal mais je n’aurais pas fait ça comme ça » ou « oh oui, c’est bien, ça. » Les deux derniers convives sont arrivés : Stéphanie et Frédéric. Bonjour, enchanté. Et vous faites quoi dans la vie. Je suis dans les bureaux chez un mareyeur. Du poisson frais ? Euh… normalement oui mais des fois non. Non, je voulais dire, pas du congelé ?

Oui ma vie est un manège, mes amours passent, vont et reviennent… j’ai beau chercher à la ronde, mon manège à moi, c’est toi…

Et la soirée s’est éternisée. Même une soirée sympathique, quand on est fatigué, elle dure plus que le raisonnable. Et il m’a fallu développer des tonnes d’intelligence et de discrétion pour bâiller sans qu’on s’en rende compte, pour ne pas montrer que parfois, je piquais du nez et mes yeux se fermaient tout seuls et pour ne pas me sauter sur la nourriture afin de m’occuper l’esprit et le corps. C’était un apéritif dînatoire. Pendant lequel je n’ai bu que deux verres de Prosecco. Quelques bulles qui n’ont même pas réussi à me faire tourner la tête pour oublier qui je suis, d’où je viens et où je vais. Ma vie est un manège et j’en ai un peu marre d’attraper systématiquement la queue du Mickey et d’en reprendre pour un tour de plus à chaque fois. De temps en temps, j’aimerais descendre et m’isoler. Samedi, personne ne m’a fait tourner la tête. Dimanche non plus. Et lundi, hier, lundi, n’en parlons pas. Aujourd’hui, c’est mardi. Il pleut. Il fait froid. Si encore il pleuvait un peu de champagne…

Oui, ma vie est un manège, toutes les choses passent, vont et reviennent… Et mon manège à moi, c’est toi, ma vie…