Bon, samedi soir, nous sommes invités par les voisins les plus immédiats puisque pour un peu, nous aurions la même porte d’entrée. Mais heureusement que non. Nos portes se frôlent mais ne se mélangent pas. Et chacun chez soi et les moutons seront bien gardés.  Eux, leur appartement part vers la gauche et le nôtre, vers la droite. Et on ne s’entend jamais de l’un à l’autre. C’est déjà ça.

Et donc, nous sommes invités samedi soir pour un apéritif dînatoire convivial et sympathique. C’est elle qui le dit, la voisine. Voisine 40 et non pas Voisine 64 comme je me suis trompé en lui confirmant par mail que c’était toujours OK pour nous. Mais ça n’a pas d’importance, tant qu’il ne s’agit pas de son âge. Là, oui, ça aurait été désobligeant. Mais je sais me tenir. Contrairement aux apparences.

Pour samedi soir, je lui ai proposé d’apporter du Prosecco, le champagne italien, comme j’ai l’habitude de dire mais je ne lui ai pas dit que j’allais tenter de préparer quelques douceurs au chocolat. Parce que j’ai envie d’essayer. Ce sont des recettes extrêmement faciles à réaliser, d’après ce que j’ai lu et ça sera toujours mieux que des chocolats achetés dans le commerce, non ?

En plus, j’ai du mérite car je n’aime pas le chocolat. Mais ça me fait plaisir d’en faire. Ça me fait plaisir puisque tout le monde (ou presque) aime ça. Moi, je m’en fous, je n’aime pas ça mais ça ne me fait plus rien de travailler ce produit car je me suis fait à son odeur forte. Mais pourquoi diable cuisiné-je un produit que je n’aime pas déguster. Et que je ne goûterai assurément pas ? Je vais vous le dire.

Parce que je sais déjà que samedi soir, je risque de piquer du nez. Avec ma semaine de levers trop tôt, mon boulot et tout le reste, je ne tiens plus vraiment, en soirée, désormais. Alors, là, comme je vais être en compagnie de gens que je ne connais pas ou si peu, que nous serons un peu nombreux, pour peu que je boive deux verres de Prosecco… Vous savez, je ne bois pas, moi. Sauf si on me sert.

Oui, bon, je disais que je prépare ces bouchées au chocolat car si jamais d’aventure, je me sentais obligé de rentrer avant les autres, si jamais je n’avais plus assez faim pour un dessert (vu que je suis plus salé que sucrée, en règle générale), au moins, là, en apportant quelque chose que je n’aime pas, je m’en fous de ne pas en manger. En aucun cas, je ne partirai frustré. Pas mal, non ?

Chez moi, rien n’est gratuit. Tout est calculé. J’ai déjà fait ça. Apporter un gâteau au chocolat à une soirée du style « auberge espagnole » et je n’ai jamais été contrarié de ne pas manger de mon dessert. Car je m’en suis toujours foutu. Je n’aime pas ça, le chocolat. Samedi soir, ça sera pareil. Je viens l’esprit léger par rapport aux gourmandises que j’aurais fabriquées moi-même. C’est chouette.