Je suis le poinçonneur de Lormont. Dans le cadre de mon travail, j’ai souvent l’occasion de perforer des liasses de papier afin de les archiver. Et pour ce faire, j’ai une trouilloteuse, comme on dit. Pas une de compétition mais pas loin. Et depuis deux ans, je conserve tous les confettis qui sont dans le réservoir de l’appareil et donc, régulièrement, je le vide dans des boîtes spéciales, que j’ai dédiées à l’emmagasinage de ces petits ronds de papier. Pour la majorité des gens, ils ne sont pas très festifs car majoritairement blancs mais moi, à la limite, je trouve ça aussi bien que s’ils étaient de toutes les couleurs.

Comme je suis là aussi pour gérer les stocks, j’en profite, quand je vide la perforatrice dans mes réserves, j’en profite pour compter le nombre de confettis que j’ai récupérés et ensuite, je compte le nombre de trous que j’ai dû faire. Dans le meilleur des cas, les deux résultats sont les mêmes mais si ça n’est pas le cas, et ça m’est arrivé plus d’une fois, je suis obligé de tout recompter. Je ne peux pas me permettre d’avoir un écart entre les trous et les confettis. Fiscalement parlant, ça n’est pas très professionnel. Sauf que moi, de toute façon, je ne suis pas comptable. Déjà ça, c’est une énorme différence. 

Ce que j’appréhende le plus, quand je fais mon inventaire de confettis, c’est le courant d’air. Quelqu’un qui laisserait une porte ouverte et qui ferait qu’une partie de ce que je suis en train de compter s’éparpille parce que là, ensuite, je ne vous dis pas la galère. À quatre pattes sous le bureau, en train de les ramasser un par un. Je ne sais pas si vous l’avez déjà fait, mais je peux vous dire que c’est très difficile de les attraper avec les doigts, quand ils sont au sol… Heureusement, quand je compte les trous, même s’il y a un appel d’air, ils ne s’envolent pas. C’est déjà ça. Sinon, ça ne serait plus possible. C’est moi qui vous le dis.