Après un bon repas entre amis, sur la terrasse, avec le patron, Bernard et le président, je me suis senti bien comme quand on est en vacances mais au lieu d’aller faire la sieste, je me suis dit qu’il serait préférable de venir écrire dans mon blog. Avant que je n’en ai plus le courage. D’autant que je venais d’avoir une idée pendant que les trois autres étaient en train de boire leur café et moi pas. Car je ne bois pas de café. En tout cas, pas le midi. En temps normal, je veux dire. Et aujourd’hui, c’était justement un jour à qualifier de « temps normal » car, contrairement aux apparences, je ne suis pas en vacances. J’ai travaillé ce matin et je travaillerai demain. Et samedi. Je n’en suis qu’au milieu de la semaine. Et justement, je pensais parler de ça : l’élaboration d’une conviction en contexte d’incertitude cognitive : le choix français de la réduction du temps de travail… mais non, ça m’ennuyait, en fait.

Alors, tout en faisant le peu de vaisselle qui n’entrait pas dans la machine destinée à cet effet, je me suis dit alors que je pouvais parler d’un autre sujet que j’avais en tête. Sauf que j’ai été dérangé dans ma réflexion car on m’a demandé comment j’avais trouvé le dernier film de Xavier Dolan. J’ai bien aimé, j’en suis juste sorti un peu hébété car si j’ai bien aimé la virtuosité de la mise en scène, je suis resté plus que perplexe devant ces cinq personnages incapables de communiquer sans se crier dessus. Pourquoi autant d’agressivité et surtout, pourquoi s’engueulent-ils sans arrêt ? Et ça m’a fait penser à un autre film du même genre. Et je me suis alors interrogé, en mon for intérieur, au sujet de la transposition filmique du texte théâtral comme palimpsestes de la théâtralité. Sauf que je me suis dit que franchement, il allait me falloir plus d’un billet pour développer le sujet comme ça me plairait de le faire.

Mais finalement, le patron et Bernard ont dû partir et j’ai décidé de les accompagner en ville. Nous avons pris le tram, en plus, j’avais mon vélo à la main pour le retour et nous nous sommes rendus au centre-ville, près de la mairie, là où j’habitais il y a encore trois mois de cela. Nous avons encore papoté un peu, je suis allé faire un ou deux achats chez Picard (trois en fait) et j’ai pris les journaux gratuits avant de rentrer à la maison de nombreux coups de pédales. Et là, je me suis soudain senti fatigué. Il m’avait manqué une sieste. Et quand j’ai regardé l’heure, j’ai réalisé qu’il était bien tard pour disserter sur un sujet philosophique. C’est dommage, car là, j’avais vraiment de quoi parler : de l’absenciel le ciel, d’objet transitionnel à objet conceptuel. À part que moi, à cette heure-là, à près de 18 heures, je préfère me faire porter pâle et remettre ça à une autre fois. Tant pis, hein ? Personne n’est fâché de mon faux bond ?

Merci à l’involontaire participation de Frédéric Gérard, Corinne Giordano et Jiyea Choi pour leur avoir emprunté le titre de leur thèse.