Depuis tout à l’heure, je me demande quelle est la chose importante dont je devais me souvenir et dont justement, je n’arrive pas à me rappeler. Pourtant, c’était évident que je devais garder ça en tête mais des fois, j’ai du mal à trouver mes mots, à retrouver des mots et à ne pas oublier ce que je dois faire. Et dans ces cas-là, je me fais des pense-bêtes mais encore faudrait-il, un jour comme aujourd’hui, encore faudrait-il que je sache où je l’ai mis le petit papier avec ce que je devais faire. Ou dire. Ou écrire. À moins que ça ne soit un appel téléphonique à passer. Non. Je ne crois pas. C’était un truc à faire, je crois. Ou à noter. Je ne sais plus très bien. En tout cas, on dirait bien que j’ai la mémoire qui flanche, des fois. Et ça me fait toujours un peu peur. Peur de tout oublier, un jour.

Alors, tout à l’heure, quand j’irai à mon cours de judo… ou de yoga, j’ai un doute. Non, ça doit être le judo car on est mercredi et le mercredi, c’est yoga. Non, c’est judo. À moins qu’on soit mardi. Ou jeudi ? Non, sur ma montre, on est le 21 et sur le calendrier, en septembre, le 21, ça tombe un mercredi. Mais est-ce qu’on est bien en septembre, au moins. Il fait beau, ça pourrait être le mois de mai. Enfin bon, tout à l’heure, quand je serai à mon cours de quelque chose, je chanterai Colchiques dans les prés, fleurissent, fleurissent… comme la dernière fois. Mais non, ça ne devait pas être au judo car je n’avais pas de kimono. Ça devait être au yoga. Et il y avait madame Torres. Et madame Torres, elle ne fait pas de sport. Elle est maître de chorale. Donc, c’est bien ça, ça n’est pas le judo.

Une autre fois, on avait chanté un truc qui était très bien. Mais j’ai oublié le titre. Et je ne suis même pas sûr de pouvoir le fredonner. Quant aux paroles !... Elles se sont envolées. Je ne sais plus dans quelle direction mais elles se sont envolées. Comme toujours. C’est pour ça que je note plein de choses sur des petits bouts de papier. Parce que là, au moins, ça me permet de me souvenir… sauf s’il y a un courant d’air et que les petits bouts de papier volent et s’envolent. Comme les paroles. Et après, je suis très embêté. Car je ne me souviens de rien. Et là, aujourd’hui, il y avait quelque chose d’important mais je n’arrive plus à retrouver quoi. Et sous le canapé, c’est quoi là ? Un post-it. « 21 Septembre, journée mondiale Alzheimer. » Bof, de toute façon, je ne sais plus qui c’est, lui, Alzheimer.