Ah non, hein ! Je ne suis vraiment pas d’humeur, aujourd’hui. D’abord, ma journée a mal, a très mal commencé. J’avais programmé mon réveil à 3 heures pour ma reprise et je me suis réveillé deux fois avant l’heure et même si avant l’heure, ce n’est pas l’heure, tant pis, au deuxième coup, je me suis levé en me disant que de toute façon, au point (de croix) où j’en étais, c’était ce que j’avais de mieux à faire. Et comme ça, j’aurais moins besoin de courir si tant est que j’avais dans l’idée de faire un cent mètres haies à peine le pied posé par terre. Et donc, je me suis préparé un peu comme si j’allais devoir pousser un wagonnet au fond d’une mauvaise mine. Grise mine. Mais quand il faut y aller, il faut y aller, alors, comme je n’avais pas d’autre choix… Contre mauvaise fortune, bon cœur, comme on dit dans les chaumières et dans les fables.

Ensuite, même si j’ai réussi à ne pas m’énerver ni sur la route ni à peine arrivé au travail, j’aurais eu plusieurs raisons de le faire mais j’ai tenu bon. Parce que malgré tout, j’ai eu droit à quelques messages vraiment très gentils, des messages de bienvenue pour mon retour après quinze jours de vacances. Il ne manquait plus que quelques enfants bien coiffés et bien habillés, en rang d’oignons, pour me chanter un petit refrain du genre Mickael est de retour mais en plus rythmé, en plus joyeux et en changeant Mickael pour Stéphane. Et le ou la soliste du groupe de têtes blondes tiendrait un joli bouquet qu’il ou qu’elle m’offrirait à la fin de la chanson. Mais non, je n’ai eu droit qu’à des mots, vachement gentils, certes, mais que des mots. Pas de geste particulier. Pas un regard tendre. Pas une caresse sur la joue qui aurait pu glisser dans le dos, un truc sympa, quoi…

Et pour revenir, au bout de plusieurs heures bien remplies, j’ai été embêté comme rarement à cause d’un énorme engin de chantier, juste avant le pont Chaban-Delmas. Arrêté pendant plus de dix minutes, j’ai eu du mal à le prendre en patience et j’étais à deux doigts de sortir de mes gonds quand finalement, le gros truc a fini par pouvoir bouger et a pu s’extraire du milieu de la chaussée pour libérer tout un flot de véhicules, un bouchon inhabituel à cet endroit. Et pour couronner le tout, après le déjeuner, j’ai voulu monter le meuble télé mais je n’ai réussi qu’à mettre deux morceaux ensemble avec deux vis et encore, ça tient comme ça peut. J’ai renoncé. Ça m’a gavé. Du coup, je me suis mis en cuisine après avoir contacté des bricoleurs sur le Bon Coin. Et là, je vais aller me calmer sur un fauteuil relax sur la terrasse parce qu’il y en a déjà marre. Je ne suis pas d’humeur, je vous l’avais bien dit.