Les mariés de 1966 n’ont pas voulu nous dire dans quelle chambre ils dormaient, chez Nicolle. On a donc abandonné l’idée de faire une soupe à l’oignon pour leur emporter en pleine nuit. Ça nous aura évité de rester debout jusqu’à pas d’heure ou de nous relever nous-mêmes pour la préparer et leur emporter. Mais ce n’est que partie remise. Qui sait, pour les prochaines noces de quelque chose (les parents fêteront celles de diamant, l’année prochaine, s’ils le veulent bien) et là, notre revanche à Isabelle et moi, notre revanche sera terrible. La soupe sera encore plus à l’oignon, elle sentira encore plus fort et elle sera vraiment servie dans un pot de chambre.

Ce qui était bien, entre autres, hier pour la vraie journée de fête, c’est qu’au moment où nous avons fait (lu) notre sketch avec Isabelle, ce que nous espérions d’un point de vue participatif a été au-delà de nos espérances. Nous avons entendu plein d’anecdotes d’entre 1946 et 1970, environ et ça, ça n’a pas de prix. Et comme me l’a écrit Jany, en commentaire, hier, c’est précieux. Heureusement, le président a tout filmé et ça nous fera donc un joli témoignage. Pas du tout un secret de famille puisque tout le monde a tout entendu, hier mais un peu de notre histoire à tous. Un peu de notre histoire parfois mêlé à la grande histoire, celle de la France.

J’ai encore beaucoup aimé être là. Et j’ai continué de savourer tous ces moments en ayant la pleine conscience que c’était maintenant ou peut-être jamais. Que c’était là et pas ailleurs. Que c’était avec eux tous ou avec personne. La vie, c’est ça. C’est aussi cette grande tablée au restaurant où la petite serveuse gentille a pris tout le monde pour des frères et sœurs alors que pas vraiment et quand elle a entendu que Steve et moi étions les deux garçons les plus jeunes, j’ai aimé ses yeux devenir aussi ronds que sa bouche, au comble de l’étonnement. Avec mes cheveux blancs, faire partie des trois plus jeunes, si on inclut Isabelle, ça me fait doucement sourire.