Un véritable événement que ce qui se passe ce week-end, un véritable événement familial car ma mère et ses quatre frangines étaient réunies et quand on sait qu’elles ont entre 69 et 84 ans, c’est un véritable exploit que de les voir toutes ensemble, majoritaires. Je ne sais pas comment le dire parce que c’est un ressenti très personnel, mais je peux vous dire que j’ai aimé voir la tablée (nous étions douze) et j’ai aimé observer tout le monde, une par une, un par un. Et j’ai eu des flashes pendant tout le repas. J’ai revu des images du temps passé. De jadis et naguère, comme disaient les poètes.

Il y a des moments, quand on les vit, on a conscience qu’ils sont précieux parce qu’on sait qu’ils ne se reproduiront sans doute pas. C’est vrai, il y a des âges, quand ils sont atteints, on sait qu’ils nous mettent sur une corde raide et nous ne sommes pas tous de très bons funambules. La dernière fois que je les ai vues ensemble, les cinq sœurs Girard, la tribu était encore plus complète car Gilbert était encore là. Maintenant, il en manque un. Mais les frangines sont là et bel et bien là. Un vrai plaisir simple et chaleureux. Et en plus, à table, on avait séparé les mecs des filles. Elles étaient encore plus en valeur.

Jeannette, l’aînée, présidait l’assemblée avec mon père, le doyen. Un couple qui imposait un certain respect mais pas trop parce qu’on avait aussi et surtout envie de bien rigoler. Ensuite, Nanou, maman, était là, toute petite sur sa chaise, heureuse de vivre tout ça. En troisième, Claudette, celle du milieu, dont Guy, le mari n'a pas cessé de faire nous amuser. En quatrième, Nicolle, l’hôtesse qui nous recevait. Et la petite dernière, Brigitte, qui sera honorée aujourd’hui, avec Michel, pour leurs noces d’or. Toutes ces têtes de filles Girard dont 60% avec des cheveux gris ou blancs. Des vieilles dames indignes ? Oh que non, des frangines, tout simplement.