Finalement, on ne sait toujours rien au bout de deux jours. Là, ça commence à devenir plus qu’inquiétant. Je vais à la police.

Oui, 57 ans. Cheveux blancs. Gris très clairs. Blancs, oui, c’est plus comme ça. Pas très grand. C’est d’ailleurs un de ses problèmes. Pardon… Non, on ne sait pas comment il était habillé. Avec le temps qu’il faisait vendredi, ça ne m’étonnerait pas qu’il soit en bermuda et en tee-shirt mais on ne sait pas de quelle couleur. En tout cas, pas vert. Il ne porte jamais de vert. Ni blanc, c’est trop salissant.

Tu sais quoi ? Le flic, il m’a ri au nez. Si ça se trouve, qu’il m’a dit, votre ami, là, il est parti se mettre au vert quelques jours. Ah non, il n’aime pas le vert, que je lui ai dit.

Il m’a fait les gros yeux. Z’êtes un petit rigolo, vous. Et il m’a fait comprendre que le mieux, ça serait que je rentre chez moi. Quel malotru ! Et moi qui pensais que la police était devenue géniale après tous les attentats. Tu parles, si c’est pas un problème de djihadiste, y a plus personne. On n’existe plus. Je te jure, c’était mieux avant. Attends, je crois que cette fois, ça sonne vraiment. Il va peut-être répondre, Stéphane…

Eh non, encore un coup, je tombe sur sa boîte vocale. Et si on appelait ses parents ? Oh ben quand même, à leur âge, à leur âge, c’est leur fils qui a disparu, tout de même.