Le top départ a été donné à 13h30 pétantes. J’étais déjà dans les starting-blocks, prêt à en découdre pour cette épreuve d’endurance comme jamais et je me suis à peine demandé si j’allais battre mon propre record tant j’étais concentré sur l’épreuve qui débutait. Et je suis parti petitement mais sûrement, histoire de ne pas m’épuiser tout de suite. Une attitude que j’ai copiée à la tortue, celle de la fable avec le lièvre. Ne pas se précipiter mais y aller sans hésiter et s’assurer de garder toujours le même rythme soutenu. En respirant régulièrement et normalement. Sans à-coups. Et sans regarder ce qui se passait à droite, à gauche et, si ça m’arrivait, sans en tenir compte.

Ne pas faillir. Ne pas se laisser distraire. C’est pourtant ce qui m’est arrivé au bout d’une heure et demi, j’ai eu envie de faire pipi, j’ai levé la tête, j’ai regardé ma montre. J’avais déjà fait la moitié du précédent parcours, de mon précédent record. J’étais étonné de ne pas être plus en sueur que ça, j’avais bien géré ma température corporelle malgré la chaleur pas encore étouffante mais plus que présente (tout en ayant conscience que je n’y étais pas pour grand-chose, c’est mon organisme qui avait tout géré pendant que je m’occupais du reste… mais se lancer des fleurs, ça n’est jamais inutile, ça donne l’impression d’être un vainqueur.)

Encore un effort, j’étais sur la dernière ligne droite, sans trop savoir de combien par rapport à celle d’arrivée mais j’avais la sensation d’avoir fait du bon travail. D’être bien plus proche que ce que je pensais de mon précédent record. Je ne voulais pas prendre le risque de me la péter en vérifiant le chronomètre alors, j’ai continué dans un ultime effort. Ça commençait à me chauffer un peu. Et pas que les muscles, les neurones, également. J’étais à la limite de la transe. Et j’ai fini par franchir une ligne qui était forcément celle d’arrivée. J’ai ouvert les yeux. J’ai regardé mon temps : 3h40. J’avais fait une sieste de trois heures quarante. Record battu. Première place sur le podium. Gagné.