C’est un peu mon état d’esprit, à l’instant T. Tout lâcher, là. Parce que je sais très bien qu’il va m’être difficile de coordonner mon envie de repos avec mon devoir de bien recevoir Mickael et Laetitia qui sont arrivés ce matin pour trois jours. Ou quatre. Et même si ce midi, le président nous a invités au restaurant sur les quais, il a bien fallu que j’assure les courses pour le week-end mais je sais aussi que je n’aurais pas dû boire ces deux verres de vin rosé, à table. Deux verres de vin rosé. Ou trois. Je ne sais plus. Bien frais, bien agréable ? À peine, à peine. Juste histoire de ne pas être en reste mais des fois, je ferais mieux de m’abstenir.

Une fois rentrés à l’appartement, j’ai choisi d’aller tout de suite faire mes courses au centre commercial du Lac car je me connais, si je m’étais allé à tout lâcher, là, je me serais mis dehors, sur un relax et j’aurais fermé les yeux et on sait tous très bien ce qui me serait arrivé. Non pas que je n’en avais pas envie. Mais contre mauvaise fortune, bon cœur, pendant que d’autres s’y sont collés (j’ai les noms !), moi, j’ai fait ce que j’avais à faire. Et ça m’a pris une grosse heure. Et quand je suis revenu, comme le temps du muguet, Mickael dormait sur le canapé et Laetitia sur un relax. Je ne peux pas dire « mon » relax mais quand même, c’était celui sur lequel je m’assois tout le temps.

Bon, sans faire de bruit, ou le moins possible, j’ai rangé mes courses, bouteilles comprises et quand j’ai eu fini, alors que je pensais être le seul en activité (le président était à l’autre bout de l’appartement, dans son bureau), j’ai jeté un œil jaloux vers la terrasse et j’ai vu que Laetitia avait quitté notre relax pour s’asseoir sur un des deux fauteuils du salon. Alors, je me suis dit qu’au lieu de commencer à me mettre en cuisine, j’allais peut-être succomber aux deux bras du fameux relax qui me les tendait. Et me laisser faire. Me laisse dorloter. Un peu. Beaucoup. Passionnément. Et cuver mes deux (ou trois) verres de rosé et tout lâcher, là, enfin.